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Formation professionnelle des enseignants

Dernier ajout : 2 novembre 2017.

- Expert de la formation des enseignants, Jean-Louis Auduc analyse en janvier 2011 l’étude réalisée par La Direction Générale des Ressources Humaines (DGRH) du ministère de l’Education Nationale sur les premiers mois d’exercice des professeurs stagiaires 2010-2011. Celle-ci reconnaît « des difficultés » principalement centrées sur les stagiaires du second degré. Cette enquête a porté sur toutes les académies à l’exception de la Guadeloupe et de Montpellier. "Une telle étude montre la nocivité du dispositif instauré pour les nouveaux recrutés dans le métier enseignant. Les difficultés, les souffrances décrites ici contribuent à dissuader des jeunes de se diriger vers le métier enseignant, comme l’ont montré le grand nombre d’étudiants inscrits en juin au concours qui ne sont pas venus composer aux épreuves écrites d’admissibilité de l’automne. Il est donc plus que jamais urgent de rétablir une véritable année de formation pour ceux qui sont reçus en juillet 2011 aux concours de recrutement enseignant." (Jean-Louis Auduc) Entre les carences de formation de jadis dans les ex-IUFM et l’annulation complète d’une réelle formation, nous voyons que les choix politiques du ministère font porter de graves conséquences sur l’avenir de la professionnalité enseignante : démissions, démotivations en masse, carrières brèves, souffrances professionnelles accrues, erreurs didactiques, pédagogies défaillantes, connaissances académiques insuffisantes... Jusqu’où le système scolaire français pourra t-il supporter une telle mise à mort de l’art d’enseigner et de son nécessaire apprentissage ?
- On pourrait penser que, mécaniquement, la diminution de la formation initiale va créer un besoin accru de formation continue. Après tout, une plongée dans le grand bain peut susciter une envie plus impérieuse d’apprendre à nager ! C’est vraisemblablement une illusion. On peut en effet redouter que les demandes d’aide ne relèvent pas de ce qu’on s’accorde à appeler « formation ». Dans la situation antérieure où le stage protégeait relativement l’entrée dans le métier, on voyait les réticences des jeunes titulaires à se décentrer par rapport à leurs propres difficultés pour prendre en compte celles de leurs élèves. Placés dans des conditions de « survie » professionnelle, vont-ils avoir le recul suffisant pour envisager une formation dans la durée qui prenne en compte le contexte large de leur action ? Si les universités ont la totalité de la main sur la formation et n’organisent pas de situations d’alternance avec les formateurs de l’IUFM, elles feront de la formation académique, nécessaire mais pas suffisante. Même si elles dispensent, par exemple, des cours de psychologie de l’enfant ou de l’adolescent, elles ne peuvent pas se pencher sur les problèmes relationnels et cognitifs, spécifiques de la classe. L’intégration des IUFM dans les universités pourrait signifier le développement d’une culture commune aux praticiens et aux enseignants-chercheurs, mais si les premiers disparaissent de la formation ou sont confinés au rôle d’organisateurs de stages, le fossé qui existe déjà entre culture professionnelle et culture savante ne fera que se creuser. D’une certaine manière, on ne voit pas pourquoi la formation des enseignants s’arrêterait un jour... Ils font désormais partie de professions qui requièrent une expertise de plus en plus aiguë et celle-ci se construit notamment avec la formation. Les jeunes enseignants ne peuvent sortir de formation munis d’un viatique pour le reste de leur carrière. Trop de choses changent aujourd’hui dans le monde et dans les classes. Néanmoins on ne peut développer une formation continue que sur une formation initiale solide, académique, pédagogique, didactique, transversale... Mais je crois que la formation tout au long de la vie c’est également celle que des groupes de professionnels se font à eux-mêmes. Mais il faut pour cela qu’on les laisse s’organiser et que l’université les aide, sinon à devenir des chercheurs, du moins à se mettre en recherche. Patrick Rayou, professeur en sciences de l’éducation à Paris 8, in fenêtres sur cours

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