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Flashcard : mémoriser oui mais comprendre ce qu’on memorise

samedi 15 décembre 2018, par classedu

L’article (ci-dessous en lien) sur la mémorisation facilitée par les flashcards nous a interrogé. Certes l’apprentissage est mémorisation mais il est avant tout compréhension de ce que l’on va mémoriser ensuite. Que l’enseignant se préoccupe de la mémorisation des élèves est une bonne chose à condition de ne pas éliminer l’étape de la compréhension de ce qui est à stocker en mémoire à long terme. Toutefois, ce type d’activité doit s’inscrire dans un projet plus vaste d’appropriation de concepts, de définitions avec l’appel au discours d’explicitation. En fin de chaque séance d’apprentissage nouveau, l’enseignant peut demander aux élèves d’expliciter : 1- « qu’avez-vous fait ? », 2- « comment avez-vous fait ? », 3- « qu’avez-vous retenu ou appris ? »

Ces questions permettent de fixer une mémoire collective de l’activité engagée, de s’intéresser aux procédures utilisées par les élèves : leur manière de résoudre un problème renseigne plus sur ce qu’ils apprennent que le résultat seul (qui peut être le fait du hasard, du copiage sur le voisin ou le résultat juste d’une procédure erronée non reproductible dans une autre situation). La dernière question permet de vérifier si les élèves ont appris une connaissance et/ou une compétence visée(s) ; ou bien s’ils demeurent à des « traits de surface » de l’activité (du genre « on a souligné en rouge des sujets », au lieu de « on a appris à identifier le sujet de la phrase, qui peut être un mot ou un groupe de mots, qui peut comprendre un déterminant et un nom... »). Il convient que les élèves ne s’arrêtent pas au « faire », au seul tracé, ou réécriture, ou autre manipulation qui ne sont que les supports à un apprentissage d’une notion donnée, sur laquelle ils doivent s’autoriser à exercer des activités de pensée. L’élève ne doit pas retenir, en fin de séance, l’activité même qu’il a effectuée mais la notion que l’activité a révélée, qu’il a pensé. Ce qui compte, c’est la signification derrière la tâche scolaire, qui n’est que support pour apprendre un concept à mémoriser. L’élève doit donc retenir et saisir le concept avant de le stocker dans sa mémoire. Voir la fiche conseil suivante pour faire apprendre les élèves en difficulté : http://www.classedu.philippeclauzar...

Geneviève Ponsonnet : Des flashcards pour mémoriser en sciences Des fiches pour réviser ? Oui . Mais des questions imaginées par les élèves. A partir de questions créées de façon collaborative par ses lycéens, Geneviève Ponsonnet, enseignante de physique-chimie au lycée Blaise-Pascal à Orsay (91) met en place des séances de mémorisation pendant le cours. Les notions vues en classe ou des applications directes du cours sont intégrées sur des cartes papiers disponibles en séance. « En moins de 10 minutes, chaque élève balaie les 36 questions ». Pour l’enseignante, l’idée « est d’augmenter l’ancrage des notions ». Transposable dans d’autres disciplines, cette pratique est également possible en ligne. Décryptage des flashcards avec Geneviève Ponsonnet.

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Les flashcards permettent de mettre en œuvre les éléments clés des sciences cognitives. Plutôt que de relire plusieurs fois des fiches (mode passif), l’élève se pose des questions (mode actif) et peut tout de suite vérifier ce qu’il a plus ou moins bien compris. La réponse constitue le « feedback » (ou « rétroaction ») qui lui permet de comprendre, le cas échéant, son erreur, de rectifier, et de progresser.

Les cartes restent à disposition dans la salle de cours. Les élèves qui le souhaitent peuvent ainsi réviser à tout moment (espacement, réactivation, multi-testing) pour encore augmenter l’ancrage.

Au fur et à mesure que l’année avance, le nombre de cartes devient très important, et les élèves peuvent, au choix, revoir uniquement les notions d’un chapitre, ou la totalité des notions vues depuis le début de l’année.

Il est important de proposer, en classe, des outils simples pour mémoriser le cours. Nous oublions souvent ce point pourtant primordial : les élèves doivent apprendre leur cours, mais souvent ne savent pas comment s’y prendre. Dans ma démarche, j’ai d’abord décidé de travailler avec des cartes « papier », car, pour en comprendre l’intérêt, il faut d’abord, à mon avis, mettre en place des outils simples et concrets.

Les cartes sont simples à utiliser et rapides à créer. Pas besoin de connexion ou d’outil numérique pour réviser. Le retour des élèves est plus que positif : ils sont très contents de pouvoir apprendre en classe, et souvent rassurés de voir qu’ils connaissent une grande partie du cours. Le fait de « jouer » pour apprendre est aussi certainement un des facteurs qui favorise l’apprentissage.

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Dans notre discipline, il y a beaucoup de définitions, des expressions et des notations à connaître. L’élève doit, pour progresser, apprendre le cours. C’est seulement une fois qu’il connaît bien les définitions et les notions qu’il peut les utiliser dans les démonstrations, et les mettre en œuvre lorsqu’il doit résoudre un problème ou élaborer une démarche scientifique.

Les flashcards permettent un ancrage plus important des définitions. En cela, elles constituent un outil très intéressant et complet, une véritable piste pour ceux qui ont du mal à apprendre leur cours.

Cet outil est transposable dans toutes les disciplines : les flashcards permettent d’apprendre des définitions, des mots de vocabulaire, d’acquérir des automatismes indispensables pour le raisonnement. J’ai échangé par exemple avec des professeurs de langues qui utilisaient cet outil pour aider à la prononciation et l’apprentissage du vocabulaire. D’autres utilisent les flashcards en histoire, en géographie, en mathématiques, en lettres … Les utilisations sont innombrables !

Article complet en ligne : http://www.cafepedagogique.net/lexp...

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