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Activité enseignante et tâche scolaire

mardi 15 juillet 2008, par classedu

- Réussir une tâche simple de reconstruction de phrase grâce à un fléchage paraît un « bon exercice », mais il ne prouve pas que l’élève perçoive la logique profonde qui veut que la flèche signale le lien entre un sujet et son prédicat, que ceux-ci sont des constituants essentiels de la phrase avec des places respectives et des rôles définis, que le verbe est le noyau d’un ensemble phrastique et le préparer à terme à différencier les aspects sémantiques, énonciatifs (thématiques) et syntaxiques de la langue.

- Ces concepts font l’apprentissage qui est nécessairement développement. Réussir un exercice, remplir un texte à trous, substituer correctement ne sont pas des indices suffisants d’apprentissage, mais de nécessaires tâches pour le « supporter ».

- Ainsi, la tâche devient le point central de l’articulation triangulaire en didactique. La tâche scolaire est fonctionnelle. Elle offre planification du cours, anticipation des difficultés cognitives, « phasage » du cours de manière cohérente et hiérarchisée, négociation et interactivité avec les élèves.

- La tâche scolaire constitue un instrument de pilotage de la classe (Maurice). Au sens de Rabardel (1993), c’est un « univers intermédiaire » entre le sujet et l’objet à enseigner. La tâche est un objet associé à une action qui permettrait à l’enseignant de connaître l’élève et le transformer. Le savoir se réalise dans la tâche que l’élève effectue. Laquelle tâche se trouve un média entre le maître et l’élève.

- La tâche scolaire semble un artefact, un moyen pour apprendre, pour s’élever vers le registre supérieur épistémique, telle une rampe d’accès vers la connaissance. Les tâches scolaires assignées aux élèves sont des activités « prétextes », support à la transformation de soi, à l’activité constructive d’apprentissage qui constitue le véritable but de l’école, une activité de développement des compétences du sujet.

- Nous pouvons nous interroger si le savoir à enseigner des programmes scolaires et le savoir enseigner par le maître ne sont pas en partie déterminés par la réactivité du groupe d’élèves. Les régulations nécessitées par les interactions maître/élèves les redéfinissent plus ou moins. Les élèves participent par leurs activités scolaires à l’élaboration du cours d’enseignement. Didactique du maître et cognition des élèves se répondent. Il se fonde une co-activité qui permet aux co-acteurs (maître / élèves) de se rejoindre sur un même objet médiateur, un objet d’enseignement véhiculé par la tâche scolaire.

P.-S.

Extrait de la Thèse de doctorat de Philippe Clauzard "La médiation grammaticale" en école élémentaire - (c) Philippe Clauzard, Mai 2008

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