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Pour un stage de formation réussi

samedi 2 décembre 2017, par classedu

La mise en œuvre de la formation des instituteurs date de 1972. Dès leurs débuts, ces actions devaient permettre à tout enseignant du premier degré de continuer à se doter de compétences professionnelles indispensables à une constante évolution du système éducatif et à la réussite de tous les élèves. Les actions de formation visent toujours quelle que soit la spécificité de la fonction à faire prendre conscience à l’enseignant de sa contribution à la réalisation d’objectifs communs. Pour qu’un stage soit réussi, cela nécessite...

1 - Un stage préparé EN AMONT Le fait de se projeter est essentiel. On doit savoir avant qui interviendra, qui est inscrit, quel est le lieu, quelle est la durée, quelles sont les modalités de travail. Où mangera-t-on ? Même une question comme celle-là n’est pas à négliger.

2 - Un QUESTIONNAIRE envoyé aux stagiaires L’adulte contemporain souhaite être associé à sa propre formation. Il supporte de moins en moins l’apport extérieur d’une autorité (technique, morale, professionnelle), parfois autoproclamée. Alors ? Faut-il consulter les stagiaires AVANT ? Les faire se rencontrer ? OUI, mais à une condition : que le(s) formateur(s) soi(en)t capable(s) de tenir compte ensuite des désirs exprimés et de leur donner un prolongement. SINON, la démarche sera perçue comme purement démagogique et le formateur risque de le payer lors du stage.

3 - Une prise en compte de l’EXPERIENCE acquise L’adulte en stage vient avec un sac à dos très lourd, son expérience, les moments qui l’ont enrichi, ses certitudes (« On ne peut pas faire autrement »), ses échecs (douloureux parfois) qu’il évoquera ou non, ses blocages, ses peurs archaïques, son sentiment de ne pas être à la hauteur (c’est ce qu’on appelle « le syndrome de l’imposteur »). Si cette expérience est niée, repoussée, non reconnue par le formateur, alors le groupe pourra se rassembler autour d’un contre leader et se montrer rétif, sceptique ou agressif.

4 - L’HISTOIRE d’un GROUPE Qu’il dure une journée ou deux semaines, il est la constitution progressive, réussie ou non, d’un groupe avec plusieurs moments. Ses membres ne peuvent agir ensemble que s’ils définissent entre eux ce qui justifie leur action, ce qui vaut la peine d’un effort collectif. L’observation, la timidité, le faire ensemble, les jeux de rôle (le leader, le leader négatif), les moments d’opposition, de fusion ou de productions collectives sont essentiels. A la fin, le groupe aura eu le sentiment d’avoir progressé, régressé, de s’être trompé, etc. Et, il aura certainement construit aussi des valeurs communes. On peut tirer dès le premier jour une photo de groupe et l’afficher dans la salle.

5 - Une place pour les EMOTIONS En voici quelques-unes :
- Les affinités réciproques d’idées, de styles d’enseignement, de valeurs morales ou pédagogiques.
- La colère : « Ce stage est nul ! » - « Celle-là, il faut encore qu’elle la ramène. » - « Le formateur veut absolument placer son truc. »
- La honte : « Je ne connais même pas ce logiciel, alors que tous les autres, si ! » Les émotions ne s’oublient pas.

6 - Des ECHANGES multiples et forts Traditionnellement les échanges entre pairs sont vécus avec intensité, à la pause café, mais aussi pendant la formation elle-même si les stagiaires ont la possibilité matérielle de se livrer, d’échanger, de déjeuner et de confronter leurs expériences ou leurs croyances.

7 - Un STYLE DE FORMATEUR adapté Il ne peut être Dieu le Père mais il ne peut pas non plus se contenter de faire s’exprimer les stagiaires sur leur vécu. (« Alors, comment faites-vous dans votre classe ? ») Il doit avoir à l’esprit les points suivants :
- un cadrage avec un cap affiché auquel globalement il se tient. Toute modification doit être annoncée et négociée.
- une bonne gestion du temps,
- une capacité à gérer les moments de crise, les agressions verbales possibles (contre lui ou entre stagiaires), à entendre les désirs du groupe (« Mardi matin, vous aviez exprimé le désir de travailler sur l’orthographe, les décimaux, les coins-jeux. Ce désir tient-il toujours ? »), à favoriser la mise à distance des émotions
- une bonne gestion du groupe pour donner du SENS à ce qui se dit, à ce qui se vit.

8 - Un TRANSFERT avec la vie de la classe qui doit être ressenti comme proche, possible et utile. Les formateurs qui refusent explicitement de donner des recettes peuvent se faire malmener. Une formation vécue comme impossible à transposer car trop parfaite, artificielle ou trop éloignée des réalités du « TERRAIN » (le grand mot) sera mal reçue et sans doute peu intégrée. Un bon stage débouche normalement sur l’ENVIE de conduire DES (micro) PROJETS.

9 - Enfin des LIENS POST-STAGE Internet aujourd’hui va permettre de continuer à échanger des projets, des outils, des documents. La formation peut aussi s’étendre au retour, aux autres collègues de l’école.

Voir en ligne : Fiche source RectoVerso

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