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Lire, parler, écrire en géographie

lundi 18 septembre 2017, par classedu

La géographie offre des occasions diversifiées et riches de parole, de lecture et d’écriture.

Appuyé sur le paysage, le cours de géographie appelle la sortie ; au cours de celle-ci, l’élève choisit un point de vue, o b s e rve, identifie, découpe, décrit et nomme avec un v o c a b u l a i re adapté les formes du paysage ; elle lui p e rmet aussi de pro d u i re les représentations, photographies, croquis, schémas… qu’il utilisera ensuite pour réaliser une synthèse sur un paysage ou l’évolution de celui-ci, un arg u m e n t a i re sur la mutation d’un paysage, sur l’implantation d’une infrastru c t u re ou sur l’élaboration d’un projet. L i re des documents géographiques La photo au sol, aérienne, l’image satellitale, le récit de voyage, d’expédition scientifique ou militaire, la description littéraire de paysage, la nomenclature d’une carte, le titre, la légende d’un tableau, d’une g r a v u re ou d’une carte, le film documentaire ou d ’ a u t e u r, la vidéo d’artiste, l’index d’atlas et les c o rrélats d’encyclopédie, papier ou numérique, le s o m m a i re d’un portail ou le moteur de re c h e rc h e d’un « site géographique », sont autant de supports variés de lecture à différents niveaux où le ludique, jamais exclu, est lui-même vecteur de connaissances. D’une autre manière, la carte est multiple. Aussi, l’enseignant veillera-t-il à multiplier les images à diff é re ntes échelles, à jouer avec elles. Suivre une course autour du monde, utiliser des extraits de romans d’aventure s (par exemple, Jules Ve rne) ou de bandes dessinées (par exemple, Hergé) pour se familiariser avec les lignes i m a g i n a i res de repérage (équateur, méridiens, parallè- les…), pour appre n d re à chercher dans un atlas et commencer à nommer et localiser, sont des façons p a rmi bien d’autres d’utiliser le jeu comme outil pédagogique de découverte intellectuelle. De même, org aniser un jeu de poursuite imaginaire dans une ville en utilisant des plans de réseaux de transports en commun à plusieurs échelles permet une lecture diff é renciée de l’espace géographique. L’enseignant n’oubliera pas non plus de proposer à la lecture toutes les utilisations moins conventionnelles (décor, logo, publicité, peint u re, cinéma, caricature…) et tous les détourn e m e n t s de la carte et du paysage par les artistes ou les public i t a i res. Les technologies de l’information et de la communication rendent plus que jamais nécessaire s l ’ a p p rentissage de la lecture de l’image, combinée ou non avec le texte, et un détour, mis à portée des élèves, vers la sémiologie et l’esthétique, permettant à l’élève à ne pas se contenter d’un re g a rd habitué, mais chercheur et critique. Celui-ci doit identifier, caractériser, interpréter et qualifier (voir l’éducation artistique). La l e c t u re ainsi conçue de l’image, qui facilite le rapport aux autres champs disciplinaires, est enfin un moyen privilégié de découverte et d’étude du patrimoine.

P a r l e r

L’utilisation du film, de la vidéo, des supports numé- riques intégrant le son dans le cours de géographie i n t roduisent à la critique du commentaire oral, de l’accompagnement sonore. On n’hésitera pas à faire appel aux films documentaires, aux actualités radio et télévisées, aux débats publics qui mettent en scène les enjeux de l’espace. Lors d’une sortie sur le terr a i n , comme en classe, les élèves sont conduits à nommer, à décrire, à décrypter et à présenter oralement un paysage, une photographie, une carte, à arg u m e n t e r une analyse ou un projet. La communication exige une rigueur de méthode et de raisonnement, un vocab u l a i re précis. La reconstitution d’un itinéraire sur documents après une sortie, sa mise en rapport avec une documentation diversifiée sont l’occasion d’exposer seul ou en groupe ce qui a été vu et entendu, de re g rouper et d’organiser les impressions et les connaissances qui en ont été retirées, de lister et de définir les nomenclatures et le vocabulaire nouveaux. L’enseignant veille à ce que chacun dans le groupe ait son espace de parole et d’expression et que chacun bénéficie d’une écoute égale.

É c r i re

Pour éviter la mise en mémoire d’éléments fragmentés, le maître dirige, lors de chaque séance en classe ou sur le terrain, l’écriture collective ou individuelle d’une synthèse. Sous la conduite du maître, l’élève utilise l’écriture manuscrite ou numérique pour c o n s t ru i re celle-ci, pour garder la trace d’un point important et des réflexions qu’il a suscitées, pour y réinvestir le vocabulaire et les notions ; il rédige un lexique du vocabulaire à retenir pour mieux en p e rcevoir le sens ; il élabore la légende d’un document, d’une carte. Ce travail, fait avec l’aide du m a î t re, est d’abord collectif, puis pro g re s s i v e m e n t individuel. Ces traces, manuscrites ou imprimées, sont soigneusement insérées dans un cahier unique g a rdé pendant trois ans ; il constitue un contact privilégié avec le professeur de géographie du collège.

Géographie et éducation civique

La géographie a enfin, comme l’histoire, un lien fort avec l’éducation civique. Elle fournit des connaissances, des re p è res, une distance critique pour éclairer des situations, pour écouter et re g a rder l’autre comme soi-même, pour arg u m e n t e r, pour pre n d re des décisions. Elle permet à l’élève, en compre n a n t mieux son espace, de mieux appréhender les autres espaces ; elle participe à la construction d’une identité, à la fois sûre d’elle-même et ouverte, fondée sur la conscience de s’inscrire dans un espace démocratique commun à tous les hommes.

Voir en ligne : Source et complément

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