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Orientations générales pour enseigner la géographie

lundi 18 septembre 2017, par classedu

À la fin du cycle 2, l’élève a commencé à pre n d re conscience de la diversité des espaces. Au cycle3, le m a î t re l’aide à consolider cet apprentissage à travers une approche disciplinaire plus spécifique, celle de la géographie, étude de l’organisation de l’espace par les sociétés.

À ce niveau de l’école élémentaire, l’appro c h e géographique consiste en une pre m i è re lecture des paysages, appuyée sur les observations de terrain, la l e c t u re de cartes en relation étroite avec la photographie, la peinture, les principaux supports visuels et écrits, la littérature et l’histoire.

La géographie développe des qualités d’observ ation, de questionnement, de mise en relation, d’explication. Elle s’appuie sur la découverte pro g re s s i v e d’une démarche réfléchie, dans laquelle il s’agit d’expliquer des cas particuliers en recourant à des règles ou des lois générales. Elle permet d’acquérir quelques r é f é rences politiques, sociales, économiques et culturelles, à réinvestir dans les autres domaines, notamment par la lecture, l’écriture, la communication de textes et d’images, contribuant ainsi à la constitution d’une culture scolaire et citoyenne part a g é e . Le programme de géographie, en convergence avec les programmes d’histoire, d’éducation civique, de littér a t u re, d’arts et de langue, porte sur les terr i t o i res français métropolitains et d’outre-mer et sur les espaces, du national au local, à l’échelle européenne et mondiale.

L’accent ainsi porté ne correspond pas à un alourdissement des programmes. Il s’agit de pro c u re r aux élèves les outils nécessaires pour donner du sens à partir de quelques traits distinctifs, de leur t r a n s m e t t re les connaissances nécessaires pour nommer et penser les espaces et les terr i t o i res dans lesquels ils vivent et qu’ils contribuent à leur échelle, à transform e r.

L’objectif est de s’assure r, à la fin du cycle 3 :

- que les élèves ont acquis les premières notions de localisation, de situation, d’organisation d’un espace, d’un territoire, à différentes échelles ;
- qu’ils commencent à construire, dans ce contexte, quelques relations de causalités ;
- qu’ils sont capables de pro d u i re des schémas et des cartes simples des phénomènes étudiés.

Pour suivre avec profit l’enseignement de la géographie au collège, les élèves devraient donc disposer, à l’entrée en sixième, d’un certain nombre de repères et d’outils intellectuels et graphiques. Les maîtres sauront aller à l’essentiel, sans se perd re dans des détails ou des développements au-dessus de la compréhension des élèves et qui trouvent norm a l ement leur place dans la suite de la scolarité. L’abondance des références signalées dans le contenu du programme, comme la rubrique « Pour aller plus l o i n », n’est pas une incitation à accumuler des connaissances rapidement oubliées, mais doit perm e tt re l’exercice de la liberté pédagogique, le lien avec l ’ e n v i ronnement local et régional, la réalisation de thèmes d’études ou de projets artistiques et culturels.

Le géographe « i n v e n t e » et découpe la Te rre

Le géographe cherche à compre n d re comment les hommes, à diff é rentes échelles, occupent, utilisent, aménagent, organisent l’espace dans lequel ils vivent. Le re g a rd du géographe sur l’activité des hommes n’est ni celui de l’économiste ou du sociologue, ni celui du politique ou de l’artiste, même s’il intègre leur point de vue à son analyse. Les géographes découpent la planète et l’espace des sociétés en unités auxquelles ils donnent du sens, qu’ils situent, qu’ils stru c t u rent, qu’ils mettent en relation. Ils pensent les distances à l’aide d’outils spécifiques, notamment les échelles, autrement dit le r a p p o rt entre la représentation d’une longueur sur une carte, un plan ou un croquis et la longueur réelle (à étudier en relation avec les mathématiques). Ils analysent les contenus de l’espace géographique, tels que les activités sociales ou les phénomènes nature l s , ils en appréhendent les formes. Ils produisent et utilisent des images de la Te rre, de sa totalité et de ses p a rties, pour localiser, décrire, questionner, transf o rm e r : photographies, images satellitales, schémas, modèles, cartes…

Le paysage, objet d’analyse du géographe

Le paysage peut être défini comme une port i o n de l’espace terre s t re qui s’off re au re g a rd d’un o b s e rv a t e u r. On a longtemps parlé de paysage en géographie pour décrire des espaces de nature. La notion de paysage s’est élarg i e : le paysage est à la fois un espace donné (les formes de la ville, du littoral, de la montagne, de la forêt…), une perc e ption qu’en a l’observateur qui possède son pro p re s a v o i r, sa culture, ses valeurs, y compris esthé- tiques. Le paysage, comme le récit d’un voyageur, conduit à noter ce qui a frappé l’observ a t e u r. Il faut toujours pre n d re en compte le contexte, la date de description (ou de prise de vue), l’origine de l’auteur, les représentations mentales de celuici et ses buts. Mais le paysage ne relève pas seulement du regard. De nombreux historiens ont montré le caractère très récent de la dominante visuelle dans la perc e p t i o n du paysage. Il a aussi des dimensions sonores, olfactives ou même, dans certains cas, tactiles. Le paysage est le reflet de nos choix de société, des décisions politiques et réglementaires, des pressions économiques tout autant que des possibilités techniques, des initiatives individuelles, des données naturelles. Le paysage rend compte de données plurielles et p e rmet d’appréhender le contact de l’homme et de son milieu, il peut être pourvu d’une valeur patrimoniale qui se réfère aux sites fondateurs d’une identité locale ou nationale (sites de la Pointe du Raz, du Mont-Saint-Michel, de la montagne SainteVi c t o i re…), que l’on protège (parcs nature l s , C o n s e rv a t o i re du littoral…) ou à l’histoire (sites urbains et industriels…). Il peut avoir une fonction mémoriale ou une valeur artistique. Il peut avoir une valeur économique, le paysage spéculatif de centre-ville ou des bords de mer… Ou encore être récréatif, lieu de loisirs ou de tourisme, souvent associé à une valeur esthétique : le « b e a u » des paysage touristiques…, le « p i t t oresque » des guides. Il peut avoir une valeur politique perceptible dans les débats publics, les inventaires, les lois de protection… En quoi l’analyse de paysage constitue-t-elle un outil géographique pertinent ?

L’analyse du paysage en géographie permet :

– d’identifier, de re c o n n a î t re des « o b j e t s » géographiques divers ; – de diff é rencier des espaces géographiques et, à l’intérieur, des unités paysagères spécifiques ; – de mettre en relation ces unités paysagères (ville et campagne proche, ville et fleuve…, quartiers diff é- rents…).

Le paysage ne fournit qu’une partie d’une réalité géographique complexe. Il donne un certain nombre de clés pour une lecture géographique mais ne les f o u rnit pas toutes. Il ne permet guère d’identifier les flux de capitaux, d’information. Il peut être décalé par rapport à des mutations en cours. Le paysage, objet d’étude géographique, peut engendrer une analyse stéréotypée et réductrice : il faut la c o rriger en soulignant la diversité des paysages existant, qui traduisent divers modes d’organisation de l’espace et de rapports des sociétés à la nature. Construction de l’homme en perpétuelle évolution, il est aussi constamment réinventé, comme en témoignent l’invention des paysages de mer ou de montagnes au X V I I I e siècle, celle des panoramas photographiques à la fin du X I Xe siècle ou, aujourd’hui, celle des paysages limites, des paysages de fiction ou des paysages virtuels. Il suggère l’histoire , sous la forme visible de traces (voir le pro g r a m m e d ’ h i s t o i re) complexes, partielles, aux chro n o l o g i e s enchevêtrées, témoins des combats menés et du travail effectué par les sociétés en fonction de leurs valeurs, de leurs re s s o u rces, de leurs rivalités et de leurs antagonismes, des contraintes qui s’imposent à elles et qu’elles s’imposent.

La carte, outil privilégié du géographe

La carte permet de localiser et d’analyser des f o rmations spatiales. Elle est topographique, thématique ou de synthèse. C’est un outil de communication. L’image finale dépend de l’information à communiquer, tout autant que des acteurs – géographe, historien, aménageur, politique, industriel, journaliste, publicitaire , artiste…– qui la créent, la diffusent et la reçoivent. Par ces diff é rentes entrées géographiques, l’élève commence à compre n d re la spécificité de cert a i n s espaces géographiques. Il est capable d’en identifier les formes, de les nommer, de les décrire, de mettre en relation plusieurs facteurs d’explication, de penser et de représenter schématiquement leur org anisation. Se familiarisant pro g ressivement avec les images et les outils du géographe, les élèves rassemblent des documents à partir d’un sujet, les localisent, les questionnent, émettent des hypothèses, c o n f rontent celles-ci aux documents qu’ils ont rassemblés. Ils réalisent une courte synthèse, communiquent les connaissances qu’ils ont acquises et argumentent.

Ces pre m i è res bases d’une culture géographique sont une forme, modeste mais réelle, d’esprit critique indispensable pour le futur citoyen français et européen ouvert sur le monde, c’est-à-dire capable de c o m p re n d re le monde contemporain et d’agir sur lui en personne libre et responsable, d’être présent et actif au sein de la cité. Il est bien évident que la préparation de ce travail conduit aussi le maître à donner des connaissances sous la forme d’exposés plus systé- matiques alternant avec l’étude de documents. Cet a p p rentissage doit commencer dès l’école élémentaire pour être approfondi au collège et au lycée.

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