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Les « problèmes pour chercher » à l’école

vendredi 15 septembre 2017, par classedu

- Pourquoi des « problèmes pour chercher » à l’école primaire ?
-  Cinq objectifs différents peuvent être dégagés.
- 1) La pratique du « problème pour chercher » développe la capacité de l’élève à faire face à des situations inédites.
- 2) Dans la résolution de ces problèmes, l’élève prend conscience de la puissance de ses connaissances, même si celles-ci sont modestes. Il existe en effet toujours plusieurs moyens d’élaborer une réponse, faisant appel à des registres de connaissances différents : ainsi, dans le problème des cartes, certains élèves peuvent dessiner les figures et dénombrer, d’autres n’utiliser que l’addition et certains combiner toutes les opérations étudiées.
- 3) L’activité de l’élève dans la résolution d’un « problème pour chercher » valorise des comportements et des méthodes essentiels pour la construction de leurs savoirs : prendre des initiatives (tenter, faire des essais…), être critique vis-à-vis de son travail (contrôler, analyser ses erreurs…), s’organiser, être méthodique (réduire le hasard, le nombre de cas à envisager), communiquer (par oral, dans le groupe et face à la classe, par écrit pour rendre compte de sa recherche).
- 4) Les phases d’échanges et de débats développent les capacités argumentatives de l’élève. Les débats qui s’instaurent soit dans les groupes, soit dans la classe conduisent les élèves à valider ou réfuter une proposition. Un élève qui est persuadé du bien-fondé de son idée, de l’intérêt de la piste qu’il veut explorer, ou de la solution qu’il a trouvée, devra convaincre ses camarades. La raison doit l’emporter sur la passion. Pour cela, le maître doit gérer les débats de telle façon que ce soit la valeur de l’argument qui l’emporte. Ni la force de conviction de celui qui le défend, ni le fait que cet argument soit accepté par la majorité des élèves ne doivent être décisifs quant à la validité d’un argument : en mathématiques, l’accord du plus grand nombre sur une proposition ne constitue pas un critère de sa validité.
- 5) Ce type d’activité contribue à l’éducation civique des élèves. Les moments de recherche sont plus efficaces si on s’entraide : les idées proposées par les uns, même erronées, alimentent celles des autres. Les moments de débats offrent également l’occasion de travailler l’écoute, la prise en compte et le respect de l’autre.

- Les modalités de mise en œuvre du « problème pour chercher »

- Plusieurs phases ponctuent, en général, une séance de « problème pour chercher ».
- Présentation du problème. Comme cela a été signalé précédemment, le problème peut être communiqué oralement (avec l’aide d’un écrit) ou seulement par écrit (texte, schémas, tableaux, illustrations), avec ou sans matériel. Les élèves ne doivent pas pouvoir résoudre le problème uniquement en manipulant le matériel.
- Par contre, sa présence peut les aider à se représenter le problème et, à la fin, permettre une vérification pratique de la solution. Il faut en effet veiller à ce que les élèves comprennent la situation et ce qu’il faut chercher pour qu’ils se sentent personnellement engagés pour relever le défi qui leur est lancé.
- Temps de recherche personnelle, puis en groupe. Une confrontation personnelle de chaque élève avec le problème est souvent nécessaire (environ 5 minutes). Même si, en apparence, elle est peu productive pour certains, cette phase individuelle initialise le travail de groupe dont l’objectif est de produire une proposition de solution (procédure et réponse) commune. Les échanges à l’intérieur du groupe sont un élément essentiel de cette phase, les propositions des uns alimentant celles des autres. Il faut que chacun se sente responsable de la proposition de solution qui sera présentée à la classe par le rapporteur du groupe : pour cela, le maître peut choisir le rapporteur seulement à la fin de la recherche.
- Mise en commun, débat et validation. Cette phase peut se situer à l’issue de la recherche ou dans la séance suivante, ce qui permet à l’enseignant de prendre connaissance des travaux de chaque groupe. Au cours de cette mise en commun, les rapporteurs, désignés par le maître, présentent aux autres groupes leur solution. Les choix du maître dans la désignation des rapporteurs et dans leur ordre de passage reposent sur les observations faites pendant la recherche.
- Le moment de débat peut être organisé de diverses façons : les échanges peuvent intervenir au fur et à mesure de la présentation des productions ou seulement lorsque toutes les propositions ont été présentées. L’échange organisé autour de plusieurs propositions contribue à enrichir l’argumentation : les élèves peuvent repérer des démarches voisines et confronter celles qui sont différentes. Il est souhaitable que la validation des propositions soit faite par les élèves eux-mêmes. Dans l’exemple proposé, cette validation peut être confirmée par vérification de la conformité des réponses avec les informations données ou par un contrôle du contenu effectif de la boîte, ce qui contribue à l’intérêt de ce problème. Pour que la validation relève effectivement de la responsabilité des élèves, le maître doit éviter autant que possible de donner un avis d’autorité. Il doit, bien entendu, veiller à une certaine rigueur dans l’expression avec des exigences adaptées au niveau de la classe. Pour cela, il peut questionner, interpeller les uns ou les autres pour inciter les uns à argumenter et les autres à s’interroger sur la validité d’une proposition.
- Synthèse. Il s’agit maintenant de conclure la séance, sous forme d’échanges entre le maître et la classe, de valoriser les qualités observées, de dénoncer les défauts, d’ancrer les comportements essentiels et les procédures intéressantes qui pourront être réinvesties dans une prochaine séance de « problème pour chercher ».
- Le rôle de l’enseignant.
- Pendant une séance de « problème pour chercher », le maître n’apporte aucune aide sur la résolution du problème, ce qui ne veut pas dire qu’il est totalement absent de l’activité.
- Au bout d’un moment, il circule, observe, note des éléments intéressants. Ces observations l’aideront à décider éventuellement d’une courte mise en commun intermédiaire et du choix des travaux les plus intéressants à exploiter collectivement, ainsi que de l’ordre le plus pertinent pour cette exploitation. Le maître ne doit pas aider personnellement les élèves afin qu’ils n’attendent pas systématiquement un coup de pouce de sa part. Des aides peuvent venir des élèves eux-mêmes. Par exemple, un premier mini-débat peut être instauré, dans le but de porter à la connaissance de tous les groupes les différentes recherches, de les amener à avoir un regard critique sur leur propre recherche et de les re-dynamiser si leur recherche piétine.
- Pendant les phases de débat, le maître doit plutôt se placer au milieu des groupes ou en fond de classe pour que les échanges se fassent réellement entre les élèves et non pas entre le maître et les élèves. Prolongement. Certains groupes auront résolu le problème, d’autres pas. Pour exploiter pleinement une telle séance, le maître peut “ rebondir ” sur cette recherche et proposer dans une séance ultérieure, des problèmes du même type que le précédent mais avec des données adaptées aux difficultés rencontrées par les groupes dans la recherche précédente. Forts des procédures discutées précédemment, ils peuvent utiliser, en l’améliorant éventuellement, leur proposition de solution antérieure, en choisir une autre ou en élaborer une nouvelle. Les groupes qui n’avaient pas abouti ont l’occasion de progresser. Il est également possible, dans cette phase, de procéder à une redistribution des groupes.

Voir en ligne : Source et complément

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