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Faire apprendre le lexique

jeudi 14 septembre 2017, par classedu

A savoir : La maîtrise du vocabulaire est l’une des sources les plus importantes de difficultés pour toute activité langagière, orale ou écrite. Pourtant l’activité de réception et de production du langage favorise l’acquisition du vocabulaire qui devient de plus en plus importante lorsque l’élève manipule efficacement l’écrit. L’accroissement du lexique est ainsi à la fois condition et conséquence de la maîtrise du langage. Il est donc nécessaire de mettre en place des activités qui permettent de rencontrer à l’oral comme à l’écrit un vocabulaire de plus en plus varié, précis, le cas échéant spécialisé et donc nécessairement plus complexe. Simultanément l’étude des principes de construction du lexique en favorise la mise en mémoire et l’usage adéquat. Enfin, l’habitude intellectuelle de réfléchir sur le lexique, d’en manipuler les composantes conduit l’élève à une véritable autonomie intellectuelle, à une capacité d’invention contrôlée, en réception comme en production, et un réel plaisir du langage. L’accroissement du lexique est une activité de tous les instants dans la classe. Pour autant, cela n’exclut pas un enseignement raisonné. Celui-ci doit porter non pas sur les listes de mots qui déconnectés de leur contexte d’emploi seraient aussitôt oubliés ou mal compris, mais sur du vocabulaire déjà rencontré dont on essaie de comprendre l’usage -les usages- et la construction. En ce sens, un enseignement du lexique est possible et même efficace, sous réserve que les élèves soient conduits à établir des relations fortes entre les mots, leurs usages et leurs définitions. Dans les activités quotidiennes de la classe, les mots sont toujours rencontrés dans un contexte et deviennent familiers en relation avec celui-ci. L’observation réfléchie de la langue permet de passer de ces emplois contextuels aux relations que les mots entretiennent entre eux : relations sémantiques et relations morphologiques. L’enseignement du lexique s’intéresse souvent préférentiellement aux noms. Les verbes doivent également retenir l’attention, particulièrement les significations différentes de verbes usuels en fonction des constructions syntaxiques. Ainsi le verbe jouer prend des sens différents selon les constructions syntaxiques : en emploi absolu selon que le sujet est un animé humain : Marie joue ou un inanimé : Le verrou joue, que le complément est construit directement : Marie joue une pièce de théâtre, Marie joue une mère de famille ou indirectement : Marie joue au ballon, Marie joue à la mère de famille, sans compter les emplois pronominaux se jouer de ou figurés. Un travail explicite peut être conduit en classe : l’enseignant collectera les phrases proposées par les élèves, ajoutera d’autres exemples pour faire dégager progressivement les régularités. La vérification ensuite dans un, ou mieux, plusieurs dictionnaires, permettra de constater la diversité des sens de ce verbe.

Ce que le maître doit savoir :

Les différentes façons de dire une même notion ne sont pas équivalentes puisque certaines sont considérées comme représentant des façons légitimes et normées de parler tandis que d’autres s’en éloignent, par exemple les insultes rituelles en usage dans les groupes de jeunes urbains. A l’inverse, la variété de français en usage à l’école - et qu’on nomme désormais « français scolaire » - tend à représenter le français standard, le français normé, à l’oral comme à l’écrit. Au plan lexical, s’approprier le français scolaire implique la recherche du mot précis, juste, de l’effet stylistique ; implique de manifester une « richesse » lexicale qui permette, entre autre, l’accès aux textes littéraires. La question de la richesse ou de la pauvreté lexicale des élèves est une question très controversée. Pour certains il va de soi que le lexique des jeunes est pauvre, qu’il ne contient (plus) que quelques centaines de mots et que les élèves n’ont pas de vocabulaire. Il est très difficile de prouver une telle assertion car, passé 3 ans à peu près, on ne peut plus compter le nombre de mots qu’un enfant acquiert. On sait en revanche que le vocabulaire actif est toujours plus restreint que le vocabulaire passif ; en d’autres termes, on comprend toujours plus de mots qu’on n’en produit, et ce dans toutes les langues qu’on acquiert au long de la vie. On sait aussi que la situation de communication a une influence décisive sur la production lexicale : selon les interlocuteurs, selon la situation sociale, selon les enjeux du dialogue, selon les thèmes abordés, un même locuteur pourra être disert ou au contraire laconique.

- Les éléments constitutifs du lexique, les mots, peuvent être étudiés :
- du point de vue de leur signification,
- du point de vue de leur construction.

- Apprendre à maîtriser la signification d’un mot renvoie à trois types d’activités :
- observer ses divers usages dans des contextes variés,
- le mettre en relation avec d’autres mots qui, dans la langue, entretiennent avec lui des relations de ressemblances ou d’opposition (synonymie, homonymie etc.) ;
- analyser les composantes de sa signification de manière à parvenir à la construction de sa définition.

- L’étude de la construction d’un mot permet de favoriser sa mémorisation et son bon usage. Elle repose sur l’observation des phénomènes de dérivation.
- Le dictionnaire résume ces différentes approches du vocabulaire. Les élèves doivent être très tôt familiarisés avec son usage sans imaginer toutefois que celui-ci soit seulement un point de départ de la réflexion ; fréquemment, il en est au contraire la synthèse ou la vérification.

Voir en ligne : Source et complément

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