CLASS-EDU Site personnel de conseils pédagogiques/didactiques
Accueil du site > Enseigner le français, la langue, la grammaire > Enseigner les valeurs des temps verbaux

Enseigner les valeurs des temps verbaux

jeudi 14 septembre 2017, par classedu

- Ce que le maître doit savoir
- On distingue traditionnellement trois époques : passé, présent, avenir.
- Définies à partir du moment où l’on parle, ces époques permettent de situer dans le temps les événements. Lorsque la situation est claire, la forme verbale suffit ; elle peut cependant être complétée par des éléments de repérage plus explicites (adverbes, compléments circonstanciels de temps…).
- Les verbes expriment aussi ce que les linguistes appellent l’aspect : certaines actions ou certains états peuvent, par exemple, être accomplis il a mangé, il aura mangé ou inaccomplis il mange, il mangera.
- L’expression de la temporalité et de la spatialité ne sont pas la seule manière d’exprimer la spatialité et la temporalité : le lexique et les temps verbaux jouent un rôle essentiel dans la temporalité et le lexique a fréquemment des valeurs temporelles et spatiales. Dans une description par exemple, le mot escalier oriente le mouvement (il emprunta l’escalier), cave ne renvoie pas à la même localisation spatiale que grenier. Les erreurs d’interprétation lexicale brouillent la représentation des élèves autant que les erreurs sur les connecteurs.
- Dans la langue, cette opposition est le plus souvent marquée par l’emploi des temps composés (accompli) ou des temps simples (inaccompli). L’état de réalisation peut également être marqué par des auxiliaires d’aspect : aller, venir, commencer à, venir de, finir de (exemples : il va rentrer, il vient de rentrer). Ce n’est pas la durée objective qui compte, mais l’angle sous lequel on se place : elle séjourna cinquante ans dans cette maison / elle séjournait depuis deux mois dans cette maison quand l’incendie survint.
- Compte tenu de ces points, on peut esquisser une approche de la valeur des temps. Il convient d’être attentif, en premier lieu, au présent de l’indicatif, complexe, et fort utilisé dans les différents travaux menés au cycle III.
- il marque tout d’abord la coïncidence entre l’événement et le moment où l’on parle je te remercie de ta contribution.
- il peut aussi désigner un espace de temps plus étendu ces lampes n’éclairent pas, voire un espace de temps englobant le passé et le futur, avec cette valeur indépendante du temps, qu’on trouve par exemple dans les définitions un souriceau est une petite souris, le soleil se lève à l’est.
- un énoncé au présent peut évoquer le passé ou le futur s’il est situé avant ou après le moment où l’on parle, grâce à un complément circonstanciel ou à des éléments de contexte : je sors à l’instant / je reviens demain.
- enfin, le présent historique, ou de narration, est employé pour évoquer des événements passés, réels ou fictifs, dans une phrase isolée ou dans un fragment de texte Le peuple de Paris, révolté, prend la Bastille.
- Le passé composé constitue la forme composée du verbe, symétrique du présent : il marque l’antériorité par rapport à lui.
- il montre l’action accomplie au moment où l’on parle nous avons transformé notre maison, s’opposant au présent qui montre l’action en train de se faire : nous transformons notre maison.
- quand il est employé en corrélation avec le présent, il marque l’antériorité par rapport à lui : quand il a jardiné, Dominique prend une douche.
- il peut s’employer à la place du présent quand l’idée d’antériorité doit être marquée on n’a jamais vu cela ! la remarque prend appui sur le passé, mais a encore des effets au présent). Il peut également exprimer une vérité générale : de tout temps, les gros poissons ont mangé les petits.
- il est souvent employé aujourd’hui pour situer l’événement totalement dans le passé : il remplace alors le passé simple : en sortant de chez lui il a vu un éléphant bleu.
- Le passé simple et l’imparfait situent tous deux l’événement ou l’état dans le passé. Cependant, chacun en introduit une vision différente : le passé simple propose une vision synthétique, il donne le début et la fin tandis que l’imparfait exprime une réalisation en cours, il ne lui assigne ni début, ni fin : alors, il observa le ciel, événement ponctuel / il observait le ciel quand je suis arrivé.
- Le passé simple introduit souvent des repères temporels nouveaux dans un récit au passé, sans s’appuyer nécessairement sur des indications chronologiques explicites.
- L’imparfait ne joue pas ce rôle : il prend appui sur le repère installé par un autre verbe et donne des informations souvent présentées comme secondaires : il sortait quand il se mit à pleuvoir. Lorsqu’il est associé à un complément marquant la répétition, l’imparfait marque l’habitude, comme le présent peut le faire dans les mêmes conditions : tous les soirs, il promenait son chien dans le parc.
- Le futur simple situe l’action ou l’état dans l’avenir, après le moment où l’on parle. Il évoque la probabilité de sa réalisation, introduisant une part, minime, d’incertitude :demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, / Je partirai.
- Le conditionnel présent est associé au futur en sa qualité de « futur dans le passé » : de même que le futur simple exprime l’avenir par rapport au présent, de même le conditionnel exprime l’avenir par rapport au passé : je pense que tu réussiras / je pensais que tu réussirais. Il peut aussi avoir une valeur modale et exprimer le potentiel, la possibilité de réalisation : il serait content de te faire plaisir). Enfin, s’appuyant sur sa dimension hypothétique, il sert à exprimer une atténuation : je voudrais sortir, une opinion illusoire : on se croirait chez les fous !, une éventualité : elle cherche le remède qui guérirait tous ses maux ou l’imaginaire : je serais le roi. Je donnerais de la brioche à tout le monde et plus personne ne serait malheureux.
- On distingue, pour le subjonctif présent, les emplois en phrase indépendante ou principale des emplois en proposition subordonnée.
- en indépendante ou principale, le subjonctif présent exprime l’injonction, le souhait, la supposition : qu’il vienne ! / que les dieux soient avec toi ! / qu’il se fasse attendre encore un quart d’heure et je m’en vais.
- en proposition subordonnée, s’il suit un verbe d’opinion, il sert à exprimer le doute (ex. je ne pense pas qu’elle vienne).
- Dans certaines subordonnées, et après certaines locutions, le subjonctif est employé pour manifester une éventualité, une intention, un doute : il part avant que le soleil ne se couche / la reine lui donne de l’or pour qu’il reste / elle ne lui parle plus bien qu’il se soit excusé.

- Éléments pour une programmation des activités
- Il est bien évident que ce qui est indiqué dans le paragraphe ci-dessus n’a pas à être enseigné ainsi aux élèves. Il s’agit à l’école de repérer la diversité des temps verbaux dans un texte (en particulier, temps du passé dans un texte narratif), d’en comprendre la portée et d’apprendre à choisir et utiliser de façon cohérente ces temps dans un projet d’écriture.
- Dès le cours élémentaire, on va rencontrer et utiliser des formes verbales variées, mais on ne travaillera pas explicitement sur la valeur des temps et leur emploi. À la fin du CE2, on aura rencontré des formes verbales variées dans les ouvrages de littérature de jeunesse et dans les textes documentaires ; l’élève s’en servira intuitivement, mais sans en maîtriser explicitement les conditions d’emploi. Par exemple, en écrivant un conte, on écrit au passé simple.
- C’est à l’occasion des lectures (dans toutes les disciplines) et des projets d’écriture effectuées en CM et surtout CM2 que sera mis en lumière et problématisé cet emploi des temps, notamment pour ce qui concerne le choix des temps verbaux du passé. L’emploi spécifique du présent dans les textes scientifiques sera ainsi compris et utilisé.

Voir en ligne : Source et complément

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0