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Enseigner la ponctuation

jeudi 14 septembre 2017, par classedu

- La ponctuation est une aide indispensable à la structuration et à la lecture d’un texte écrit. L’élève doit avoir été habitué au moment de l’apprentissage de la lecture à repérer les signes de ponctuation pour dépasser la lecture mot à mot et découvrir automatiquement la phrase et son découpage en groupes syntaxiques. Au cycle III, cet effort doit être poursuivi sur des constructions syntaxiques plus complexes. L’élève doit aussi apprendre à se servir de la ponctuation lorsqu’il écrit, en particulier en utilisant de plus en plus souvent la virgule. Les recherches psycholinguistiques conduites sur le développement du système de ponctuations font apparaître un lien fonctionnel entre ponctuation et connecteurs (et, et puis, mais…). Très souvent, au CE, un et figure là où un adulte aurait utilisé une virgule. L’utilisation du système de ponctuation évolue très rapidement, faisant passer l’enfant d’une utilisation quasi exclusive du point (7 ans) vers une plus grande diversification des marques en fin d’école primaire. Chez les élèves de fin de cycle II, les marques délimitent les grands blocs du texte plus que les phrases. Ainsi, au CE1, les points apparaissent entre situation initiale et complication dans un récit, résolution et état final. Pour des élèves de CE1, le point est donc l’équivalent de ce que serait un paragraphe pour un adulte. La maîtrise de l’ensemble du système de ponctuation est loin d’être admise à l’issue de l’école primaire.

Ce que le maître doit savoir

Historiquement, la ponctuation a d’abord eu une fonction prosodique (indication des pauses et des intonations pour la lecture à haute voix). Rapidement s’y est ajoutée une fonction syntaxique ayant pour but de faciliter la lecture visuelle (séparation entre les mots, par des blancs, entre les groupes syntaxiques par des virgules, entre les phrases par des points, etc.). La ponctuation a aussi des fonctions sémantiques. Elle peut être la seule indication du type de phrase (déclaratif, interrogatif, exclamatif). Elle explicite le sens de la phrase par exemple en distinguant les propositions relatives déterminatives Les élèves qui étaient absents ce matin devront se présenter devant le directeur, des relatives explicatives Ces élèves, qui sont toujours absents, peinent à suivre. Ces informations concernent soit l’organisation de la phrase, soit celle du texte. Aux signes de ponctuation (point, virgule, point-virgule, point d’exclamation, point d’interrogation, points de suspension, deux points, guillemets, tirets, parenthèses), on peut ajouter des indications typographiques comme les blancs entre les mots, les retours à la ligne, les alinéas, les changements de police de caractères, l’organisation en paragraphes, en chapitres, etc. Les conventions ne sont pas toujours fixées et l’on se fie le plus souvent aux usages.

Ponctuation et lecture

Les signes de ponctuation peuvent séparer des groupes fonctionnels et, quelquefois, éviter des confusions de sens : Le maître, lui, enfonce un bonnet sur la tête / Le maître lui enfonce un bonnet sur la tête. Joseph aime Marie Claude Robert / Joseph aime Marie, Claude, Robert / Joseph aime Marie ; Claude, Robert. Les signes de ponctuation peuvent aussi démarquer les différents plans d’énonciation dans le discours rapporté. La phrase Paul a dit cet homme est un artiste peut être ponctuée de deux manières différentes : Paul a dit :" Cet homme est un artiste." / Paul, a dit cet homme, est un artiste. La lecture à haute voix est un instrument privilégié pour repérer les difficultés éventuelles et construire l’apprentissage. On peut ainsi faire lire à haute voix des écrits produits et les amener à en évaluer la plausibilité. On peut proposer à la lecture une phrase problème. On peut aussi faire ponctuer des phrases de deux manières différentes et faire expliciter les modifications du sens qui en résultent, etc.

Ponctuation et production d’écrits

Spontanément, les enfants utilisent peu la ponctuation et scandent autrement leur travail d’écriture et puis… et puis…. En fait, la ponctuation doit constituer une aide pour la lecture. Le rédacteur doit prévoir les difficultés du lecteur et le guider par la ponctuation. La difficulté est donc d’amener les élèves à changer de point de vue pour adopter, lorsqu’il écrit, celui du lecteur. Tous les exercices de révision mettant en jeu la lecture par un camarade contribuent à cette décentration. On peut également provoquer des situations d’écriture sous contrainte, par exemple, on peut demander d’inventer un texte présentant la même ponctuation qu’un texte donné, etc. Éléments pour une programmation des activités

Ce que l’élève sait à la fin du Cycle II :

Les élèves ont repéré le point et la majuscule. Ils sont capables de trouver la prosodie de la phrase simple en s’appuyant sur la ponctuation. Ils se sont familiarisés avec les signes prosodiques et syntaxiques du discours rapporté (guillemets) et du dialogue.

Objectifs pour le Cycle lll

En CE2

Utiliser en production comme en réception les fonctions prosodiques du point, de la virgule, du point d’interrogation et du point d’exclamation ainsi que les fonctions syntaxiques du point. On commence à les sensibiliser aux fonctions syntaxiques de la virgule. Ils savent utiliser les signes prosodiques et syntaxiques du discours rapporté.

En CM1

On commence à structurer les divers usages de la virgule ; on introduit les autres signes de ponctuation, abondants en particulier dans les textes autres que les textes littéraires (parenthèses, tirets, crochets).

En CM2

On élabore des répertoires de signes de ponctuation (affiches) en liaison avec les textes lus et produits dans les différentes disciplines.

Voir en ligne : Source et complément

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