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La Pédagogie Freinet au quotidien, classe filmée

vendredi 9 septembre 2016, par classedu

La classe de Lucette fonctionne selon la pédagogie Freinet. Les enfants du CP au CE1 d’un petit village nous laissent découvrir, à travers leurs disputes, leurs rires et leur désir d’apprendre, ce que peut aussi être l’école aujourd’hui. Le conflit entre Rémi et Roxane est réglé lors d’un conseil avec toute la classe ; on apprend ici à s’écouter, à se respecter. La lecture et l’écriture se déclinent au gré des récits individuels, des lettres qu’envoient les correspondants ou de la visite impromptue du conteur du village. Les maths se mêlent à la poésie et la géographie lors d’une sortie en forêt ou de l’arrivée d’une bouteille de vent du Maroc. La pédagogie Freinet se pratique dans les écoles publiques depuis 60 ans. C’est une alternative réelle au système scolaire traditionnel que nous découvrons tout au long d’une année avec Lucette et ses élèves.

Freinet veut remettre en question l’autorité absolue de l’enseignant, telle qu’il l’a connue dans sa jeunesse. Du haut de l’estrade sur laquelle trône son bureau, celui-ci est seul détenteur de la parole, sauf quand il demande une réponse aux questions qu’il pose. Tous les élèves doivent en même temps accomplir les rites scolaires : écouter le cours, lire le même texte, faire au même moment l’exercice imposé. En dehors des récréations, toute communication entre enfants est considérée comme bavardage ou copiage, donc interdite. La seule relation entre élèves est la compétition, matérialisée par le classement (et parfois symbolisée par la médaille d’honneur ou le bonnet d’âne).

Freinet ne veut pas renoncer à son rôle d’adulte qui aide les plus jeunes de son expérience mais, abandonnant l’estrade, il s’installe au niveau des enfants, comme cela se passe dans la vie courante.

Des moments d’échanges sont institués (entretien du matin, présentation et choix du texte à imprimer, mise au point collective, comptes-rendus d’enquêtes ou de recherches personnelles).

Individuellement, chaque élève prépare en début de semaine son plan de travail et on fera collectivement le bilan de ce qui aura été réalisé. Des plannings permettent de vérifier si certains points du programme n’ont pas été trop négligés. Une plus grande souplesse encourage finalement à travailler davantage, en n’hésitant pas à consacrer du temps pour un travail passionnant, quitte à mettre les bouchées doubles pour les autres travaux nécessaires.

Reste le problème de l’évaluation finale, généralement caractérisée par un examen global où les candidats jouent leur année à quitte ou double. Freinet conteste la validité des examens qui finissent par devenir l’objectif unique de l’enseignement. Sous le nom de brevets de spécialité, il propose des évaluations partielles mais rigoureuses que les élèves passent tout au long de leurs années de scolarité.

Le refus de toucher au caractère tabou des examens a empêché d’approfondir et de généraliser une logique nouvelle de l’évaluation qui définirait les multiples capacités réelles de chaque jeune. Devant l’impasse actuelle de diplômes ne débouchant sur rien, il faudra bien un jour accepter la démarche proposée par Freinet.

(...)

Freinet généralise (sa) démarche en montrant que le tâtonnement expérimental est à la base de tous les apprentissages.

Il préconise de favoriser la libre découverte, par les enfants, des grandes lois du langage et de la grammaire, des mathématiques, des sciences. Pour cela, il faut inciter à beaucoup expérimenter, observer, comparer, imaginer des théories, vérifier.

Cette démarche paraît moins rapide que les apprentissages systématiques, mais ce n’est qu’une apparence. En se passionnant, les jeunes travaillent davantage et gardent un souvenir durable de leurs découvertes, alors que tant d’apprentissages mécaniques s’oublient rapidement. Surtout, une telle démarche développe la capacité de chercher, d’inventer, plutôt que de se contenter de reproduire. Et c’est cette capacité qui devient de plus en plus nécessaire dans le monde moderne. La notion de tâtonnement expérimental est maintenant admise non seulement avec les jeunes enfants, mais aussi avec les adolescents au cours des études secondaires et pour la formation des adultes.

Voir en ligne : Lire l’article complet sur le site de l’ICEM PEDAGOGIE FREINET

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