CLASS-EDU Site personnel de conseils pédagogiques/didactiques

Les différentes formes de dictée

samedi 11 juin 2016, par classedu

La dictée traditionnelle est avant tout un exercice d’évaluation, éventuellement un moyen de diagnostic. En rien un outil d’apprentissage orthographique, contrairement aux procédures de dictée novatrices, exposées dans le dossier joint.

L’orthographe française est une des plus difficiles au monde.
- Comment la pratique répandue de la dictée peut-elle aider à l’enseigner à l’école élémentaire ?
- Quels différents types de dictée peut-on proposer du CP au CM2 ?
- Quels outils mettre à disposition des élèves et quelles méthodes leur donner pour enseigner efficacement l’orthographe ?

Activité emblématique de l’enseignement de l’orthographe, la dictée est trop souvent réduite à une activité d’évaluation. Si nous voulons qu’elle soit pleinement utile, il faudra passer d’une logique d’évaluation à une logique d’apprentissage en installant des dictées qui suscitent la réflexion des élèves, qui développent des analyses et des stratégies, au lieu de s’en tenir aux seules dictées de contrôle. De même l’analyse des erreurs permettra une exploitation pédagogique riche d’enseignements (traitement des erreurs).

La dictée doit donc devenir avant tout, une situation d’apprentissage : • les démarches et stratégies de relecture d’une dictée doivent être mises en avant et enseignées ; • la phase explicative des corrections revêt une grande importance, dans l’installation de stratégies, la construction des liens de cause à effet ; • la correction de chaque faute par l’élève, le retour individuel sur l’erreur font partie du temps d’apprentissage.

Ces temps d’enseignement sont plus utiles que la dictée elle-même. Le plus important reste bien le travail mené en amont, au cours de séances d’orthographe, dans la phase de préparation de la dictée et en aval lorsque les erreurs signalées par l’enseignant sont reprises, expliquées et corrigées par l’élève. Les séances de grammaire, conjugaison et vocabulaire doivent contribuer à fixer des connaissances dans la perspective de mieux maîtriser la langue écrite. Les séances de rédaction seront l’occasion de mobiliser les connaissances acquises : même si ce n’est pas l’objectif premier (on travaille sur les compétences rédactionnelles), l’acquisition de l’orthographe est incontournable pour produire un écrit et il faut entraîner les élèves à soutenir leur attention orthographique dans l’écriture (vigilance orthographique). La fréquence et la régularité des dictées sont indispensables pour rendre tout entraînement de l’orthographe efficace. Il faut donc privilégier des dictées courtes, régulières, fréquentes, plutôt que des dictées longues ou espacées. Il convient aussi de varier les types de dictées afin de multiplier les stratégies et les compétences à acquérir. Le climat d’angoisse et de peur qui règne souvent autour de la dictée est un échec de la part de l’enseignant qui doit au contraire contribuer à redonner à cet exercice son véritable rôle : un entraînement dans une ambiance de dépassement personnel. Il n’est donc pas souhaitable que toutes les dictées soient notées. En revanche, elles doivent être toutes corrigées attentivement par le maître (qui en profitera pour relever les éléments significatifs : nature des fautes les plus fréquentes, aides personnalisées à apporter, compréhension des règles…) puis par l’élève. Un simple « compteur à erreurs » indiquant le nombre de fautes dans la marge peut suffire à mesurer les progrès. Une dictée sur trois, peut être notée, encore faut-il sérieusement avoir enseigné l’orthographe avant de l’évaluer.

Voir en ligne : Les différents types de dictée : de la traditionnelle à la plus novatrice

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0