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Qu’est-ce que sont les gestes mentaux et la gestion mentale ?

dimanche 25 août 2013, par classedu

- Petit aperçu de Gestion Mentale (Virginie Matthews) Des Gestes Mentaux ? Oui, ça existe !!! Et comme pour les gestes physiques, ils s’apprennent, se perfectionnent, évoluent. Antoine de la Garanderie, à l’origine de cette terminologie, en distingue 5 : l’attention, la compréhension, la mémorisation, la réflexion et l’imagination. Tu as appris à nager, tu peux apprendre à être (plus) attentif, à (mieux) mémoriser, à (mieux) réfléchir, à (mieux) comprendre, à imaginer (plus encore) ! Tu peux t’entraîner à faire ces gestes, les perfectionner, devenir un athlète en gestion mentale
- Commençons par l’ ATTENTION, premier geste de l’apprentissage : c’est avoir le projet de faire exister mentalement l’objet étudié et pour cela ouvrir grands les yeux, oreilles, nez, utiliser le toucher et/ou le goût pour explorer l’objet, le percevoir avec précision ! Ensuite, il faut mettre ce que tu as perçu dans ta tête, l’évoquer sans plus l’avoir à portée de tes 5 sens, et vérifier que tu le fais avec exactitude.
- L’ IMAGINATION est créatrice (ce geste permet de chercher des réponses au « Pourquoi ? » et au « Comment ? », tu es alors un explorateur de l’inconnu - il demande une initiative personnelle : se poser des questions, élaborer des hypothèses, changer de point de vue, transformer l’objet étudié) ou reproductive (elle forme des images mentales identiques à l’objet perçu – c’est utile dans beaucoup de cours !). Ce geste d’imagination est donc étroitement lié à celui d’attention. Source : Chantal Evano, “La gestion mentale, un autre regard, une autre écoute en pédagogie”, Nathan pédagogie, 1999.
- La MEMORISATION consiste à avoir le projet d’utiliser mes nouvelles connaissances dans le futur. Les étapes obligées du geste de mémorisation sont : identifier l’objet d’étude (que dois-je retenir ?), le percevoir, l’évoquer pour le faire exister mentalement, et le stocker (par exemple en l’associant à quelque chose de déjà connu) pour pouvoir le réutiliser plus tard.
- Attention, le stockage à long terme nécessite plusieurs réactivations. Par exemple : première réactivation environ 10 minutes après l’étude des informations nouvelles (en classe, pendant le cours) ; deuxième avant 24 heures ; troisième au bout d’une semaine ; etc. Si l’évocation a été précise pendant la prise d’information initiale, grâce aux processus d’attention, d’imagination (voir feuillet précédent et paragraphe ci-dessous), de compréhension (voir feuillet suivant), la durée de ces réactivations est très brève. Comment t’aider du geste d’imagination pour augmenter tes performances ? tu imagines les scénarios de restitution (où vais-je m’en servir ? quand ? avec qui ? avec quels moyens ? comment le professeur va-t-il m’interroger ? faudra-t-il reproduire fidèlement les informations ? interpréter et/ou transformer les connaissances ? créer en s’appuyant sur des connaissances ?) ; tu inventes des moyens mnémotechniques pour vaincre les trous de mémoire.

Source : Chantal Evano, “La gestion mentale, un autre regard, une autre écoute en pédagogie”, Nathan pédagogie, 1999.

- Après les gestes mentaux d’attention, d’imagination, et de mémorisation, voici celui de la compréhension*. Comprendre, c’est pouvoir appliquer Comprendre, c’est pouvoir expliquer. Tu es face à une information inhabituelle et/ou complexe (un texte, un discours, un théorème, un phénomène, etc.), avec des indices de sens à rechercher. Te voilà détective, avec le projet de donner du sens à cette information. Comment peux-tu faire pour comprendre ? Comprendre, c’est d’abord évoquer ce que tu perçois, avec des images et/ou avec un discours. C’est ensuite faire appel à tes acquis, et les relier à ton évocation : tu cherches des similitudes, des différences entre ce que tu connais déjà et ce que tu dois comprendre. Tu émets des hypothèses : cela est semblable, cela est différent. Tu fais ainsi des allers-retours entre l’information que tu veux comprendre et ce que tu mets dans ta tête dans ce but, en vérifiant chaque fois la validité de tes hypothèses, en réajustant ces dernières si nécessaire. Tu tries, tu contrôles, tu traduis pour donner du sens. Quand tu es capable d’appliquer ce que tu as compris et/ou quand tu es capable d’expliquer ce que tu as compris, tu as « fini » le geste de compréhension. Il s’agit d’une construction progressive du sens, qui demande de ta part de la patience (ça prend du temps), de la prise de risque (tu fais des hypothèses), de la rigueur (pour observer et faire des liens pertinents – pour organiser ton temps de travail en fonction de cette étape de compréhension), de la mobilité (tu réajustes tes hypothèses si nécessaire).
- L’attention, la mémorisation, l’imagination sont des gestes mentaux qui soutiennent la compréhension. * il est question ici de la compréhension dirigée « fidèle », la plus fréquente à l’école ; il y a deux autres démarches de compréhension : l’immédiate, et l’interprétative.

P.-S. Source : Anne Moinet, Trois démarches de compréhension, formation IF Belgique, avril 2006 & http://www.ecoles.cfwb.be/ismchatel...

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