CLASS-EDU Site personnel de conseils pédagogiques/didactiques
Accueil du site > Atelier de formation > La boite à outils professionnels du formateur

La boite à outils professionnels du formateur

jeudi 16 avril 2015, par classedu

La boîte à outils du formateur procède d’une appropriation d’une culture professionnelle qui vise notamment à comprendre ce qu’est l’acte d’apprendre, dans une situation de stage, en vue d’une formation d’adultes.

- Contribution des sciences cognitives : nombre de sciences contribuent aux recherches ( psychologie, neurosciences, linguistique, sciences sociales...), avec une richesse dans leurs interactions propre à un foisonnement de théories ( F. Varela, Connaitre les sciences cognitives, tendances et perspectives, Seuil 1989)
- Pour commencer, s’appuyer sur les théories de la motivation = il semble utile de connaitre la pyramide de Maslow sur les 5 niveaux des besoins humains ( physiologiques, de sécurité, d’appartenance, d’étre reconnu, de réalisation de soi) ; de savoir que pour Herzberg, seuls les 2 derniers ( dits "besoins d’Abraham") sont prétexte à motivation durable ;
- Poursuivre avec l’étude de la théorie de R. Girard sur la mimesis selon lequel l’élève imite spontanément l’enseignant. C’est l’aspect inconscient de ce désir de savoir qu’explore la psychanalyse et il est important de comprendre chez certains élèves la peur d’apprendre comme refus d’être déstabilisé par l’apprentissage qui remet toujours en question les conceptions initiales, ébranle les certitudes. (Voir J. Nuttin Théorie de la motivation humaine, PUF 1985). Les sociologues abordent la question à partir des déterminations socio—culturelles du rapport au savoir : être motivé c’est donner du sens à l’apprentissage, affectif, cognitif, social... ( P. Perrenoud Métier d’éleve et sens du travail scolaire ESF 1994).
- Apprendre c’est donc donner du sens à son rapport au savoir, mais il n’y a de véritable sens pour l’apprenant que s’il se donne lui-même le projet d’apprendre. Un défi ! On développe de nos jours cette dimension prospective de la motivation par la pédagogie de projet, individuel ou collectif (réf. Decroly, Freinet...) D’où l’utilité de susciter la curiosité, de jouer avec l’énigme, d’impliquer par les méthodes actives, les situations recherche, le jeu, la créativité ; de prendre en compte les centres d’intérêt des personnes, de partir de leurs questions avant d’apporter des réponses, de pratiquer le contrat pédagogique. ( voir E. Burguiere La pédagogie du contrat, L’harmattan 1987).
- Les apports de la psychologie différentielle et la neuro-physiologie du cerveau = II y a des fagons différentes d’apprendre selon les individus, ce qui a des consequences pédagogiques. Ces distinctions sont nommées différemment selon les auteurs : styles cognitifs pour Witkin et Huteau, style personnel de pilotage de l’apprentissage pour Gouzien, profils pédagogiques pour La Garanderie, stratégies d’apprentissage pour Meirieu....
- La psychologie cognitive met en évidence des constantes de la pensée dans les opérations mentales et les procédures de traitement de l’information. Meirieu parle d’invariants structurels, mais il y a aussi des variables sujets que les chercheurs tentent de mettre en évidence.

- La neuro — psychologie du cerveau tente de donner une base biologique aux stratégies individuelles : certains s’appuient sur des fonctions spécifiques à chaque hémisphère : le gauche serait plus analytique, linéaire, séquentiel, temporel, verbal, digital ; le droit serait plus ensembliste, globaliste, visuel, spatial, associatif, analogique. A cela se superposeraient des strates verticales : le cerveau "reptilien" le plus archaïque, siège des besoins sécuritaires et de survie ; le cerveau "limbique", vecteur de l’affectivité, des inhibitions ; et le cortex cérébral le plus récent, condition des opérations mentales complexes (attention, il existe des controverses sur ce sujet) (Lire J P. Changeux L’homme neuronal Fayard 1983).

- L’apprentissage de la socialisation : Sur la gestion de l’hétérogénéite de comportement des élèves en classe, ce sont les théories de l’apprentissage de la socialisation et l’apprentissage de la loi qui vont être sollicitées.
- En voici quelques contributions :

- celle de la psychanalyse qui permet de comprendre la naissance de l’humanité = Lacan
- celle de la sociologie avec l’apprentissage de la socialisation qui est conçue soit comme l’intériorisation contrainte des normes sociales = Durkheim, soit comme la construction d’un processus interactif entre individus = Dubar
- celle de la psychosociologie et de la psychologie sociale : ces modeles permettent d’analyser la fagon dont un collectif (la classe) constitue une micro - societe avec sa dynamique de groupe = Anzieu, Mucchielli
- celle du droit, Defrance analyse l’école comme un lieu de "non-droit" peu crédible pour l’éducation à la citoyenneté.

- Classification des théories de l’apprentissage :

Il y a des théories qui mettent l’accent sur les conditions extrinsèques à l’individu.
- le béhaviorisme = apprendre c’est modifier adéquatement son comportement par rapport à des "stimuli" extérieurs ( Watson, Skinner)
- le déterminisme socio-culturel approche sociologique de la "reproduction", qui pointe les corrélations entre les caractéristiques familiales et sociales et les performances ou le devenir scolaire des individus ( Bourdieu, Passeron...)

- II y a les théories qui donnent la priorité plut6t aux éléments internes aux individus

- les positions innéistes : apprendre c’est actualiser une programmation génétique, héréditaire ou congénitale chez les individus = Eysenck, Jensen ; cette potentialité est universelle pour le langage selon Chomsky
- les positions non innéistes, mais qui postulent la capacité de |’enfant à construire son autonomie et à s’auto - former = Freinet, Claparède.

- II y a les théories interactionnistes pour lesquelles il y a dialectique entre les deux facteurs,
- telle l’épistémologie génétique de Piaget, conception opposée par ses options cognitivistes et constructivistes, autant au béhaviorisme qu’à l’innéisme. Apprendre , c’est le processus par lequel un sujet modifie ses schèmes opératoires. Dans cette perspective, apprendre, c’est construire et s’approprier du savoir, ajuster des schèmes —> Vergnaud. Pour Vygostski l’apprentissage peut préparer le développement et pas seulement le suivre dans la mesure où il s’effectue dons la zone proximale de développement du sujet avec l’aide d’autrui. Apprendre c’est intérioriser au niveau intra - individuel des processus d’abord inter - individuels. Apprendre , c’est se confronter à l’autre, notamment au travers du conflit socio - cognitif.

Connaître les différentes théories de l’apprentissage est essentiel pour que le formateur agisse en professionnel qui effectue des choix pédagogiques.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0