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Un dispositif pour apprendre par l’erreur et le raisonnement l’orthographe

DISPOSITIF DE L’ATELIER DE NEGOCIATION GRAPHIQUE

samedi 20 février 2016, par classedu

Objectifs de l’atelier :

Les objectifs de l’atelier sont d’ordre cognitifs (c’est la mise en place de démarches, d’argumentations concernant le fonctionnement de l’écrit) et comportementaux (il s’agit de solliciter l’intérêt des élèves pour les aspects orthographiques de leurs productions). Cette activité est le lieu de prise d’indice pour l’enseignant sur le niveau de réflexion métalinguistique de ses élèves, de permettre aux enfants de développer des raisonnements orthographiques en prenant une certaine distance par rapport à la langue.

Déroulement : L’activité se déroule sans que l’enseignant ne dise comment s’écrivent les mots dictés. Il effectue le bilan des résultats obtenus par les élèves en fin de séquence (phase de restitution). Ensuite, l’enseignant se contente de montrer le texte correctement orthographié que les élèves comparent avec leurs propres textes de manière à ce qu’ils s’interrogent sur les « fautes « d’orthographes qui devient des ancrages pour la réflexion et la compréhension de notions et non une sanction. A l’aspect fautif se substitue une dimension constructive (phase de confrontation). Cela débouche sur des discussions argumentées entre élèves, la recherche de solutions pouvant s’effectuer au moyen de ressources mises à disposition par l’enseignant comme les dictionnaires, les abrégés de grammaire, les manuels scolaires ou des ressources sur internet clairement identifiées. Attitudes professeurs/élèves : L’enseignant développe un rôle de soutien, d’étayage, d’orientation et de reformulation à bon escient. (cf. la fonction d’étayage de Bruner et la zone de proche développement de Vygotski). Animateur de la classe, en retrait lors des échanges entre élèves, il prend des indices sur le cheminement intellectuel des élèves, induit du raisonnement et souligne leurs raisonnements. Il insiste plus sur la manière d’orthographier (comment faire pour orthographier) que le résultat obtenu. En fin de parcours, il effectue une synthèse des échanges, rectifie des raisonnements erronées, apporte les bonnes graphies rapportées à la règle orthographique et grammaticale. Expliquer aux élèves que l’objectif principal de l’activité n’est pas de trouver la bonne orthographe mais d’exposer les raisonnements qui ont permis de choisir la graphie retenue La visée est en effet l’argumentation métalinguistique en vue de trouver la bonne orthographe. Il convient de déplacer l’attention des élèves du produit vers le processus. Par des questions ouvertes, faire émerger des réponses sans jamais rien dire des solutions, laisser les élèves débattre, avancer des solutions, prendre des décisions, trouver leurs mots afin qu’un vrai débat s’instaure entre eux… L’enseignant a pour objectif de familiariser l’expression des réflexions argumentées des élèves, aussi faut-il suivre attentivement le raisonnement des élèves et entrer dans leur logique afin d’étayer leur réflexion. Les élèves sont, quant à eux, chercheurs et acteurs au sein d’un chantier orthographique par la mise en oeuvre de résolutions de situations problèmes orthographiques (clairement posées par l’enseignant qui construit sa dictée). L’élève construit ainsi des savoirs sur la langue compris comme des outils pour mieux écrire et se faire comprendre, réinvestissables immédiatement en production d’écrit. Savoir mener des stratégies et élaborer une justification, permet aux élèves de développer des compétences pour bien orthographier un écrit. Afin d’accompagner les élèves dans leur apprentissage, il peut s’avérer utile d’aller revoir les encyclopédies descriptives de la langue, les grammaires orthographiques afin de gager en bagage linguistique pour aider les élèves. L’orthographe est alors un objet d’étude, une pratique de recherche et débat, une entrée dans le fonctionnement de la langue avec rigueur et plaisir. Un stimulant intellectuel : métalinguistique et métacognitif. Matériel : tableau de papier conférence ou feuille de papier conférence + feuille format A5 (demi A4) par élève + un gros feutre (couleur unique pour le groupe) + scotch.

Description de la démarche :

- 1- Un texte de 2 ou 3 phrases est fabriqué par l’enseignant, ce texte est centré sur plusieurs notions problématiques en orthographe (en tenant compte de la Zone de proche développement de la classe en matière d’orthographe, c’est-à-dire ce que l’on peut attendre des élèves au vu de leurs connaissances acquises en grammaire et orthographe lexicale/grammaticale).
- 2- Ce texte est dicté à la classe ou à un groupe de 4/5 élèves regroupés autour de l’enseignant pendant que les autres élèves de la classe travaillent en autonomie sur un autre sujet (en cas de différenciation de classe). Cela étant l’activité peut s’effectuer aussi en classe entière avec la constitution de plusieurs groupes de 4/5 élèves constituées selon leurs besoins et les émulations possibles, à choisir selon l’avancement des apprentissages des élèves (groupe de besoins, groupes hétérogènes tutorat,…)
- 3- Les élèves doivent se mettre d’accord et proposer ensuite une seule dictée, fruit de la réflexion orthographique des deux élèves. La dictée peut être alors recopiée sur une seule feuille. Les élèves échangent en petit groupe afin de discuter chaque divergence entre eux. La confrontation doit se faire autour d’une décision argumentée.
- 4- Les différentes graphies (production des dictées des élèves) sont numérotées pour faciliter l’anonymat et affichées sur un tableau par groupe. Une correction collective au tableau doit lever les derniers doutes et fixer les stratégies. L’enseignant ne donne pas la solution.
- 5- Les élèves débattent des différentes graphies et tentent d’argumenter en faveur de l’une ou de l’autre, discussions entre les groupes pour faire part des problèmes qu’un groupe a réussi à résoudre ou pour demander de l’aide aux autres groupes pour des problèmes restés en suspens. L’enseignant doit faire reformuler, faire redire les justifications par certains élèves plus faibles, il reste l’arbitre et le médiateur en cas de litige.
- 6- Lorsque la discussion est terminée, l’enseignant propose aux enfants d’écrire un résumé des débats (cf. la procédure du « journal des apprentissages ») : l’ensemble des propositions argumentées sont notées sur une feuille.
- 7- L’atelier s’achève par un bilan oral effectué par l’enseignant qui rappelle les problèmes abordés et résolus ainsi que ceux non résolus (pour lesquels d’autres groupes apporteront peut être une réponse plus tard).
- 8- L’enseignant présente pour conclure la graphie correcte aux élèves qui la comparent à leurs productions personnelles. 9- un classement des erreurs est effectué au tableau, des discussions s’engagent.
- 10- Les élèves sont invités ensuite à rechercher des solutions au moyen d’outils comme les manuels scolaires, les abrégés de grammaire, les dictionnaires ou des sites internet clairement identifiés, d’autres débats s’engagent et des solutions se dessinent éventuellement.
- 11-Une synthèse collective vient clore une série d’atelier de négociation orthographique :
- affichage des productions de tous (graphies et argumentations),
- affichages de notes synthétiques sur des points de discussions orthographiques,
- mise au point des problèmes résolus au sein de la classe,
- les questions auxquelles on ne sait pas encore répondre sont notées et conservées, elles feront éventuellement l’objet d’un travail en activité de systématisation
- 12- En conclusion, les élèves copient le texte dicté correctement orthographié : ce texte pouvant servir de référence en cas de difficultés rencontrées…

P.-S.

RALLYE ORTHOGRAPHIQUE, propositions d’entraînement, Philippe Clauzard, PEMF, Circonscription E.N. de Bobigny, Novembre 2011

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