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Déroulement de séances, propositions de démarche

ECRIRE UN ALBUM ANTI SEXISTE

samedi 25 mai 2013, par classedu

Séquences préalables Sensibiliser les élèves à la thématique de l’égalité filles – garçons ou du mieux vivre ensemble entre filles et garçons (apprentissage de la mixité) au moyen de deux grands axes d’activités :
-  activités sur les stéréotypes : Jeux des activités d’Ours, jeux de Mémory des métiers, (cf. livret Les Petits Egaux, 50 activités du Sceren),
- lectures de nombreux albums autour de la problématique afin de baigner les élèves dans les divers aspects du thème (albums des collections Talents Hauts mais aussi de d’autres maisons d’éditions, fournir des listes d’ouvrages de référence)

Séquence n° 1 d’émergence (en 2 séances en décembre) : Conduire les élèves à se remémorer les activités précédentes et les thèmes abordés (activités de tissage)

-  demander aux élèves de dessiner les histoires d’albums « anti sexistes » récemment entendus, dont ils se souviennent et qu’ils ont bien aimé,
-  faire verbaliser les élèves sur leurs dessins : j’ai dessiné quoi ? j’ai ressenti quoi ?

Conduire les élèves à réfléchir sur des histoires, mobiliser leurs imaginations en lien avec la thématique de travail (activités de réflexion)

-  demander aux enfants d’écrire sur des bouts de feuille des idées d’histoire avec une seule phrase qu’on dépose dans une boîte (ou un bonnet). Ces écrits ne sont pas nominatifs.
-  remuer la boite et lire avec les élèves les idées d’histoire de chaque enfant les unes après les autres. Après chaque lecture, les élèves sont invités à donner leurs impressions lors de petits débats avec environ 8 élèves. On ne dira pas « j’aime » ou « je n’aime pas » mais qu’est-ce qu’on pourrait dire pour continuer l’histoire ? Le choix d’une idée s’effectue sur le principe d’une envie, d’une émulation, d’un désir à continuer un récit. Non un jugement de valeur qui s’exprime simplement en « j’aime » ou « je n’aime pas ».

Conduire les élèves à un débat collectif (activités de débat et d’argumentation)

-  restitution collective du choix de chaque groupe (soit 3 idées car « groupes autour de 3 adultes) afin de savoir quelle suite la classe pourrait-elle donner à chacune de ces histoires. L’adhésion de l’ensemble de la classe s’effectuera à partir des échanges sur les envies, les ouvertures imaginaires possibles, la faisabilité de l’écriture.
-  tenter de faire argumenter les choix des élèves.
-  conclure en fin de séance sur une amorce d’histoire, une trame ou intrigue sur laquelle l’ensemble de la classe s’est mise d’accord. Faute de consensus, un vote démocratique peut s’avérer utile.

Séquence n° 2 sur les stéréotypes dans les albums (1 ou 2 séances en janvier) : Etudier avec les élèves les stéréotypes qui apparaissent dans les albums (test de l’ours)

-  test de l’ours et libre discussion en petit groupe
-  restitution collective des arguments répertoriés dans chaque groupe
-  recensement de stéréotypes dans des albums montrés et lus avec les élèves en petits groupes (fréquences des personnages G/F, activités ritualisées des filles et des garçons, rôles et sentiments figés/stéréotypés évoqués…) Il s’agit d’albums en vente dans les supermarchés du type « Chloé joue à faire le ménage » ou « Le tracteur de Peter ».
-  restitution collective des discussions et élaboration d’un guide d’écriture « anti-sexiste » évitant ces écueils
-  travail en petit groupe et restitution collective. Ce guide est simple, il s’agit que la classe se mette d’accord sur ce qu’il faut écrire ou ne pas écrire en fonction du principe d’égalité filles – garçons.

Séquence n° 3 d’étude sur les albums (en janvier) :

- Travail sur la structure d’une histoire (structure narrative ; temps de composition,…).
- Prendre un album comme support (de préférence de Talent Hauts)
- Jeux d’écriture afin de fluidifier l’écriture des élèves. Par exemple des jeux de contraintes sur la forme, sur le fond, sur le fond et la forme ; ou encore jeux sur l’imaginaire et la créativité : par exemple, « pourquoi, parce que », « cadavre exquis », que serait le monde si… », les « mot-valise » ; le « haïkus », le « mot inducteur » ou associations libres, les rimes et les sons de la phrase… en axant les élèves dans la mesure du possible sur la thématique de l’égalité filles – garçons (cf. documents complémentaires).

Séquence n° 4 de production en petits groupes et collectif (en février et mars) :

-  En petits groupes de 8 élèves, travailler à partir de l’amorce de l’histoire, l’écriture de la trame décidée précédemment, à rappeler.
-  Demander aux élèves de dessiner librement la suite de l’histoire, au moyen de quelques images (pas plus de 4 ou 5 dessins simples qui correspondront à l’élément perturbateur, l’action, l’élément de résolution, et la situation finale).
-  Conduire ensuite les enfants à décrire leurs images sur des bandes de papier annexes, (juste quelques lignes).
-  Cadrer l’ensemble de l’écriture avec les critères établis que sont le guide d’écriture anti-sexiste auquel on ajoute le schéma narratif type (qui a été construit dans la séquence précédente avec les élèves)
-  Chaque élève présente ensuite avec ses mots ses dessins et textes aux autres enfants.
-  Engager une discussion sur les travaux des uns et des autres, veiller à ne pas juger les qualités des écrits, rester au niveau des informations, des idées qu’on partage afin de produire par groupe un texte commun qui sera restitué au niveau du collectif classe.
-  La mise en commun est délicate : il s’agit de prendre le « meilleur » de chacun sans froisser les individualités des élèves. Il s’agit là aussi de se situer au niveau des critères du guide d’écriture, du schéma narratif et des apports d’informations nouvelles des uns et des autres pour l’histoire qu’on veut rédiger. Une autre sélection s’établit aussi sur des critères de cohérence sémantique à bien expliquer aux enfants.
-  Variante pour débloquer l’écriture au besoin (si la situation de classe l’exige) : on peut aussi préférer l’utilisation d’une écriture collective fondée sur le principe du « cadavre exquis » qui débloque l’écriture. Partant de l’amorce d’histoire décidée en commun, écrite sur une feuille, ce jeu se pratique selon le principe du pliage. Le premier enfant écrit la suite du texte (deux phrases pas trop longues), puis replie la feuille en ayant soin de laisser visibles un ou plusieurs mots. Ainsi, l’enfant suivant poursuit le texte commencé en respectant une certaine cohérence. Le jeu se termine lorsque e 8ème enfant a terminé. On relit l’ensemble du texte. Il sera certainement utile de toiletter le texte : une cohérence sémantique et grammaticale est à rechercher avec les élèves, dans le respect des critères anti-sexistes et de schéma narratif. Cela étant, le résultat final peut être suffisamment cocasse pour être intéressant et être présenté et défendu tel quel à la classe entière.
-  Restitution des textes produits dans chaque groupe et discussion-argumentation sur des choix possibles.

Lors d’une séance suivante,

-  En groupe classe, collectivement, reprendre chacune des 3 propositions et les insérer dans un schéma narratif dessiné au tableau afin d’observer la cohérence du texte et le respect du guide d’écriture anti-sexiste.
-  Comparer les 3 schémas narratifs obtenus. Favoriser une discussion entre élèves et proposer une série de pistes : faut-il voter pour le texte qu’on préfère ? faut-il fusionner ce qu’il y a de mieux ou plus original entre les trois textes ? faut-il choisir un texte à améliorer ? faut-il sélectionner des parties intéressantes de texte afin d’écrire une suite immédiate améliorée ? faut-il rajouter un passage ? faut-il réécrire l’histoire en changeant un point de vue ou en se plaçant du côté d’un personnage ? faut-il réécrire l’histoire en changeant les personnages, les lieux, les objets, la fin… mais en gardant la trame et l’intrigue ?

Le schéma narratif, 5 étapes :
- situation initiale : présentation des personnages, description de leurs caractéristiques, lieu ou cadre dans lequel se déroule l’action (verbe à l’imparfait)
- l’élément perturbateur : événement ou personnage qui change la situation initiale, changement de ton, (verbe au passé simple)
- l’action : c’est la partie la plus longue du récit : aventures, épreuves.
- L’élément de résolution : action qui résout le problème
- Situation finale : retour des personnages à la stabilité, avec fin heureuse ou malheureuse. Distribution des rôles :
- Un sujet : le héros/héroïne qui réalise l’action.
- l’objet : ce que recherche le héros/héroïne.
- l’aide : personnage bénéfique qui aide le héros/héroïne.
- l’opposant : personnage maléfique qui empêche le héros de réaliser son action.

Destin du héros : 3 fins possibles : Suite à une série d’épreuves, 1 - il triomphe, sa situation s’améliore 2 – les choses tournent mal , mort, etc… 3 – deux héros, l’un réussit l’autre échoue (fille cadette, fille aînée, dans « Les fées »

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