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Le lien entre motivation et notes

La peur d’échouer freine le plaisir d’apprendre des élèves.

mardi 25 octobre 2011, par classedu

Peut-on évaluer l’incidence du plaisir sur les résultats en classe ? Etablir une « corrélation scientifique » entre plaisir et performance scolaires ? Eric Charbonnier et Sophie Vayssettes, analystes de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), s’y sont I essayés. Leur démonstration vient j : ; d’être reprise dans un article de la prestigieuse Revue internationale d’éducation de Sèvres, qui consacre son dossier de rentrée au sujet « ie plaisir et l’ennui à l’école ». Un numéro passionnant, sans doute « plus grand public que d’ordinaire », reconnaît Alain Bouvier, son rédacteur en chef. Universitaires, chercheurs, professeurs, mais aussi philosophes, écrivains et sociologues interrogent, dans une dizaine de pays, ce qu’on attend de l’école : au jour le jour et pour « plus tard ».

« Plus que le plaisir, c’est la motivation qui a un effet sur les résultats scolaires, surtout lorsqu’on est issu d’un milieu défavorisé, explique Eric Charbonnier. Les élèves qui lisent davantage deviennent de meilleurs lecteurs, et les bons lecteurs escomptent de bons résultats, ce qui les amène à lire davantage, à prendre plus de plaisir... »

Pas de lien de cause à effet, donc, mais un phénomène d’entraînement que les deux analystes de l’OCDE chiffrent précisément : « en moyenne, dans les pays de l’OCDE, la variation de la performance des élèves en compréhension de l’écrit s’explique, à hauteur de 18 %, par des différences dans le plaisir que les élèves disent prendre dans la lecture. »

Leurs observations se fondent sur la quatrième édition de l’enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui évalue les compétences des élèves de 15 ans au sein des pays de l’OCDE. Publiée en décembre 2010, elle avait fait grand bruit : la France se classait 18een maîtrise de la langue, une chute de six places par rapport à 2000. En se concentrant sur l’un des cinq volumes de l’enquête - consacré aux pratiques, aux stratégies et à l’engagement des élèves en compréhension de l’écrit - Eric Charbonnier et Sylvie Vayssettes apportent un éclairage différent, et sans doute plus positif. « Les élèves français prennent en général plus de plaisir que la moyenne des pays de l’OCDE dans l’apprentissage des matières, soulignent-ils. Dommage que la peur d’échouer fasse perdre une partie du bénéfice engendré ».

La remarque vaut notamment pour les mathématiques, discipline sélective s’il en est, qui conditionne l’orientation au lycée et au-delà. Avec les Japonais et les Coréens, les élèves français comptent parmi les plus anxieux de l’OCDE. » Ma. Ba.

Voir en ligne : Extrait de DirectMatin

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