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Harcèlement : selon Claude Halmos, une indispensable formation des enseignants

jeudi 9 juin 2011, par classedu

Claude Halmos est psychanalyste. Elle répond aux questions de SNUipp.fr sur le harcèlement à l’école.

Pourquoi les maltraitances entre enfants ne sont-elles pas anodines ?

Les enfants doivent pouvoir se débrouiller avec les petites moqueries de la vie quotidienne. Et il faut leur apprendre à le faire en leur en expliquant le mécanisme : l’objet de la moquerie (dents , lunettes …) n’est pas choisi parce qu’il est vraiment ridicule mais parce qu’il est susceptible de faire pleurer celui dont on se moque . Si ça marche, l’agresseur continue, si ça ne marche pas, il renonce … Ce qui pose problème ce sont les maltraitances répétées qui viennent d’un enfant ou d’un groupe d’enfant et qui visent toujours le même enfant. Ce ne sont pas des « histoires d’enfants ». Pour l’agressé comme pour l’agresseur, ces situations sont porteuses de « petites graines » qui vont pousser en eux et sont susceptibles de donner de grands arbres. Cette affirmation n’est pas idéologique mais découle directement de ma pratique d’analyste à l’écoute des enfants mais aussi des adultes qui peuvent raconter le prix qu’ils ont payé pour de telles expériences . (...) Quel doit être le rôle des adultes de l’école ?

Il est déterminant : le harcèlement ne peut avoir lieu que s’ils ne l’empêchent pas. L’école est lieu où on doit expliquer les lois du monde et les enfants doivent comprendre que les règles posées à l’école existent également en dehors, même pour mes adultes. C’est le rôle de l’école d’informer sur les lois qui régissent la vie en société : c’est de l’instruction civique. Et on peut faire aussi référence à l’Histoire et à son lot d’exclus et de persécutés . Certains enfants souffrent d’un déficit d’éducation et l’école, même si elle ne remplacera jamais l’éducation parentale, peut compenser ce déficit.

En quoi devrait consister pour vous une formation efficace des enseignants ?

Les enseignants ne sont pas laxistes, ils sont essentiellement perdus car ils peuvent ne pas se rendre compte de la gravité de la situation et ne pas savoir quoi faire. Il faut donc les informer sur la gravité des conséquences des maltraitances répétées sur la construction de l’enfant. Il faut ensuite leur donner des outils pour savoir quoi faire. Devant une situation comme une bagarre ou une agression répétée, on punit mais on rassemble les enfants, on explique les lois dehors, la punition, la position des adultes. Et surtout on demande aux enfants ce qu’ils en pensent : la trouvent-ils juste ? injuste ? pourquoi ?. On fait progresser les choses tout en donnant à l’enfant agressé une légitimité pour se défendre et pour demander l’aide des adultes.

Voir en ligne : Extraits de l’article paru sur le site du SUNIPP à lire en entier

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