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Qu’est-ce que c’est que bien travailler ? Il faut remettre ça sur le métier !

mercredi 30 mars 2011, par classedu

Aujourd’hui, la souffrance au travail n’est pas un problème individuel mais celui d’un groupe professionnel. Il ne s’agit pas d’incompétence, de fragilité ou de cas pathologiques. L’une des premières sources de difficultés, c’est le sentiment d’impuissance qui porte pour l’essentiel sur l’intéressement des élèves. Il est plus complexe qu’auparavant de faire entrer les jeunes dans la culture. Les enseignants doivent, chaque jour, créer, construire des outils, des dispositifs, anticiper les difficultés, ce qui exige un engagement élevé. Trouver les bons supports, inventer la relance, les liens, etc. sont des activités habituelles du travail mais elles sont devenues plus lourdes et surtout plus incertaines quant à leurs résultats. Cela se traduit par de la fatigue, de la surcharge mentale. À cela s’ajoute une porosité plus grande entre l’univers personnel et professionnel. « J’ai l’impression de ne jamais en sortir » est une phrase qui revient souvent. La coupure et les limites sont laissées aux enseignants seuls. Autre difficulté, les professeurs sont soumis à des injonctions, des attentes sociales pas toujours congruentes. Aux logiques de performances, mesurées par les évaluations, s’opposent des attentes de la société sur le bien être de l’enfant : cela est source de dilemmes au quotidien. Pour finir, l’absence de soutien de l’institution pèse. Trop souvent, elle se défausse sur les enseignants qui doivent se débrouiller sous couvert de liberté pédagogique. Mais dans le même temps le contrôle bureaucratique se fait plus pressant sans se préoccuper de l’organisation du travail que les objectifs supposeraient. L’autonomie est prônée mais empêchée. (...) Le plaisir (professionnel) vient du sentiment d’avoir la capacité d’agir sur l’apprentissage des élèves. Il est aussi lié au fait d’avoir une pensée active. Tout en prenant appui sur des routines, on sait se saisir de l’inattendu, inventer des dispositifs, profiter d’un voyage pour trouver de quoi nourrir sa pratique, etc. Cette pensée active est le contraire du ressassement caractéristique de la souffrance au travail. La reconnaissance du travail est aussi une des sources de bien être. Les enseignants sont heureux quand ils sont reconnus par leurs pairs mais aussi par les élèves, les parents, leur hiérarchie. (...) Un levier est dans les mains de l’institution car si celle-ci était plus claire sur son projet de démocratisation de l’école avec des organisations de travail adaptées, les enseignants s’en trouveraient moins écartelés. Mais, les professionnels ont aussi leur responsabilité. Il leur faudrait débattre des critères du bon travail, ne pas les laisser définir par les seuls « experts » extérieurs. Qu’est-ce que c’est que bien travailler ? Il faut remettre ça sur le métier ! Les enseignants s’épuisent à construire des ressources pour agir, mais qui restent locales.

Voir en ligne : Extrait de l’article de Snuipp.fr : « Animer le débat professionnel à une autre échelle »

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