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Eduquer à l’image comme un langage

vendredi 11 février 2011, par classedu

Les travaux ont surtout porté sur l’éducation de l’image en tant que langage. Dans ce champ, trois objectifs ont été dégagés.
- Le premier : permettre à l’élève de reconnaître et d’identifier les différents types de discours iconiques (distinguer une fiction d’un message d’information, une reproduction de tableau d’une reproduction de photographie, etc.). Alors que la culture des écrans transforme le rapport aux savoirs, il y va là d’un enjeu citoyen autant que culturel.
- Le deuxième objectif est un objectif de maîtrise qui interpelle les activités de lecture. L’image ne doit plus pour cela être considérée comme un simple auxiliaire d’apprentissage ou comme illustration d’un texte écrit, comme elle l’a été trop souvent. Il faut donc proposer des situations qui posent l’image en objet d’analyse, où elle devient, comme dans tout travail d’écrit, objet de structuration, d’observation, d’hypothèses, d’évaluation, de construction de sens, donc de compréhension. C’est en cela qu’il y a lecture. On s’aperçoit alors que les capacités spécifiques de l’image sont transférées à d’autres activités de lecture. Dans nombre de cas, en effet, l’élève mauvais lecteur de textes écrits se révèle un bon lecteur d’écran tant pour l’image que pour le scriptural, d’où l’émergence de situations valorisantes pour les élèves en difficulté.
- Le troisième objectif est celui qui vise à aider l’enfant à « mettre son monde en cohérence ». Les activités de lecture et d’analyse doivent conduire à des démarches d’appropriation des savoirs, de construction d’univers de références scolaires et sociaux, de passerelles entre le monde du quotidien et celui des savoirs. Il apparaît donc primordial :
- d’inclure l’image dans la globalité des langages, en s’occupant d’abord de construire des savoirs, des repères, des stratégies d’apprentissage, avant même l’éducation à la citoyenneté et l’éducation aux médias (dans l’éducation aux médias, résultante de plusieurs domaines, il y a certes beaucoup plus que de l’éducation à l’image, mais cette dernière est un préalable, un prérequis à l’éducation aux médias) ;
- de ne pas opposer ni juxtaposer les langages (qu’y a-t-il de différent entre écrire en classe après la visite d’un musée et relater une promenade en forêt ? En quoi y a-t-il un travail plus important sur l’image dans le premier cas ?), mais travailler à leur maîtrise conjointe et à leurs interactions - ce qui implique de se poser très vite le problème de la lecture des écrans, en particulier multimédias, qui, précisément, conjuguent les différents langages. Cette conjugaison des langages est la seule à permettre des apprentissages transversaux et transférables. Pour les activités sur l’image, on peut s’interroger sur les liaisons et constructions à réaliser par le CNDP/Réseau avec les IUFM, structurés disciplinairement. Car on bute en permanence, s’agissant de l’image, sur le problème de la formation.

Voir en ligne : Extrait de l’article du CNDP

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