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Enseignement des mathématiques et maîtrise de la langue

dimanche 10 janvier 2010, par classedu

On se propose ici d’explorer la question de la place de la maîtrise de la langue dans l’enseignement des mathématiques. La question sera abordée selon trois axes
- Y a-t-il possibilité de construire une attitude commune dans l’enseignement des différentes disciplines quant à la langue ? sur quelles bases ?
- Quels sont les apports spécifiques des mathématiques ?
- Qu’est-ce que l’enseignement des mathématiques a à y gagner ?

Construire une attitude commune suppose de dépasser la conception qui restreint une langue à un lexique et une grammaire. On sait en effet qu’une langue c’est bien plus que cela : c’est une multitude de pratiques langagières très diverses (à l’oral : les conversations, les disputes, les conférences, les questions que pose l’enseignant à la classe et ce qu’il attend comme réponse… ou à l’écrit : un roman, un poème, un article, une réponse à une consigne ou une démonstration…). Ces pratiques langagières sont « définies » principalement par le cadre où elles ont lieu, le statut de leurs protagonistes et leurs enjeux. Chacune implique des façons de faire avec le langage qui lui sont spécifiques. Quand on y pense, la variété des pratiques langagières auxquelles on a recours pendant une heure de cours ordinaire est déjà assez impressionnante. Quoi de commun, d’un point de vue langagier, entre le moment où l’on fait l’appel, celui où l’on morigène un élève dissipé, celui où l’on discute de la solution d’un problème et celui où une leçon est transcrite au tableau et sur les cahiers ? Les élèves ont-ils conscience de cette variété ? Font-ils vraiment la différence entre un dialogue pédagogique et une simple conversation ? Rien n’est moins sûr2. Puisqu’on n’utilise la langue que pour faire quelque chose avec (expliquer, décrire, convaincre, haranguer, bénir, questionner, penser…) il est clair dès lors que la maîtrise de la langue n’est pas un objectif que l’on peut traiter en soi. On ne saurait progresser en ce domaine qu’en progressant dans des pratiques langagières variées : apprendre à rédiger un récit fantastique n’aide guère quand il s’agit de rédiger une démonstration… tant les enjeux et les modes de fonctionnement sont différents. C’est d’ailleurs pour cette raison que la maîtrise de la langue ne saurait être du seul ressort du professeur de français… On conçoit d’ailleurs à quel point serait illusoire (parce que démesuré) l’objectif de maîtriser entièrement une langue dans tous ses aspects et ses usages quand bien même il s’agirait de sa langue maternelle. Le seul objectif raisonnable est celui de progresser, sa vie durant (c’est sans fin) dans la maîtrise de certaines pratiques langagières. Il suffit d’ailleurs d’observer avec un peu de distance la façon dont les mathématiciens s’expriment pour se convaincre qu’il n’existe pas une langue française (= orthographe + grammaire) que l’on va pouvoir apprendre en elle-même puis utiliser dans toutes les situations imaginables. (Pas plus qu’il n’existe un marteau universel utilisable dans toutes les situations, même si le concept de marteau a un sens : il faut choisir le bon marteau pour faire ce qu’on a à faire : par exemple, prendre un marteau pilon pour écraser une mouche si le but n’est pas d’écraser la mouche mais de montrer que l’on est prêt à y mettre les moyens…). Suite sur le site du Crdp de Créteil

Voir en ligne : Enseignement des mathématiques et maîtrise de la langue En quoi les mathématiques sont elles concernées…

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