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Dictée défi deux couleurs

dimanche 5 décembre 2010, par classedu

Descriptif de la pratique :

- 0- Lancer le défi : « On va faire une dictée difficile, donc tout le monde va certainement faire des erreurs ; mais ce sont ces erreurs qui vont nous faire progresser... Après un travail tous ensemble quand on refera cette dictée, chacun aura tout ce qu’il faut pour ne plus faire à nouveau ces erreurs ; on va tous travailler à la réussite de chacun ».
- A- Dictée « classique » d’un même texte pour tous, comportant des difficultés pour tous ; les enfants écrivent sans l’aide d’outil de référence (juste avec ce qu’ils ont déjà en tête).
- B- En petits groupes, les enfants se relisent (toujours sans outil) et comparent leurs écrits. Si, dans la confrontation, certains repèrent des erreurs, ils les corrigent, cependant la tâche du groupe est de recopier sur une affiche la dictée avec deux couleurs : l’une réservée aux mots que tous les enfants du groupe ont écrit de la même manière (on est d’accord), l’autre pour les mots qui ont été orthographiés différemment (on n’est pas d’accord).
- C- L’enseignant-e recopie sur une affiche (ou au tableau) la dictée avec les mêmes deux couleurs en prenant en compte l’ensemble des propositions des groupes.
- D- Commence alors un travail de recherche (cette fois avec l’aide d’outils de toutes sortes), par petites équipes, autour des mots orthographiés différemment (on ne travaille que sur les erreurs). Chaque équipe se voit attribuer des parties de la dictée (l’ensemble c’est trop long...) mais il est cependant important que chaque partie soit traitée par au moins deux groupes pour permettre ensuite une confrontation dans la phase suivante. Les groupes ont pour mission de remplir un petit tableau du type : - Le mot (dans son groupe de mots) a été écrit :
- Nous pensons qu’il aurait fallu l’écrire :
- Parce que ... (règles et trucs pour savoir et s’en souvenir)
- Outils à utiliser pour ne plus faire l’erreur ou pour retrouver la règle.

- E- Confrontation des propositions des équipes avec le texte de départ, validation par le groupe (et l’enseignant-e), choix des formulations s’il y en a eu plusieurs, puis élaboration collective d’une fiche synthèse qui reprend le tableau (ci-dessus) ; trace écrire qui prend place dans le classeur outil.
- F- Observation et analyse, par chacun-e, des erreurs qu’il/elle a faites lors de la dictée et entraînement collectif ou personnalisé sur les types d’erreurs qui ont été faites.
- G- Nouvelle dictée du même texte. Les enfants peuvent avoir recours à leurs outils de référence (ou à un petit « mémo/pense bête/antisèche » qu’ils auront pu élaborer précédemment avec x règles, ou qui tient sur % de feuille,...) mais ne pourront cependant pas prendre appui directement sur le tableau élaboré en phase E.
- H- L’enseignant (ou un camarade) pointe à nouveau le lieu des erreurs mais il sera également très important de pointer les progrès qui ont été faits entre les deux versions de la dictée (phase A et phase G). On a analysera à nouveau le pourquoi de ces erreurs, (méconnaissance de la règle, manque d’entraînement, inattention,...) et on cherchera ensemble des stratégies pour encore progresser...
- I- On peut envisager, plus tard, (après de nouveaux entraînements, des temps d’entraide ou de tutorat), en évaluation par exemple, de refaire cette même dictée mais cette fois sans outil pour évaluer les acquis de chacun.

- Place de la différenciation dans cette pratique
- Chacun apporte au groupe ce qu’il sait,
- entraînement personnalisé ou en petits groupes de besoin dans la phase F
- élaboration, par chacun, selon ses besoins, de petits « mémo/pense bête/antisèche » à coller sur sa table
- Chacun prend l’habitude d’analyser ses erreurs, trouve des stratégies qui lui convient pour progresser

- Outils à disposition des élèves : classeur outils, manuels, dictionnaires, Bescherelle...

- Application aux écrits personnels des élèves
- Utilisation des fiches de synthèse car elles apportent des réponses rapides à des difficultés souvent rencontrées dans les écrits personnels.
- Utilisation de petits « mémo/pense bête/antisèche » à coller sur sa table Repérage des besoins des élèves de manière à construire des séances de remédiation
- Chacun peut déjà repérer ses erreurs, ses difficultés (sans jugement de la part d’autrui).
- Les élèves s’entraînent de manière personnalisée, sur des difficultés qu’ils ont fait (voire sur celles qu’ils continuent à faire après le travail de recherche et l’élaboration de fiches de synthèse).

- Remarques :

Cette pratique d’observation réfléchie de la langue permet :

- de construire un autre rapport à l’orthographe car cela devient le lieu de la recherche collective (et moins celui de la souffrance individuelle)
- de se remémorer des règles déjà rencontrées en situation mais également de découvrir de nouvelle règles
- d’élaborer des outils de référence pour la classe (dans de phases de structuration) et d’apprendre à se servir des outils de référence existants
- de changer aux yeux des enfants le statut de l’erreur (car même s’il faut l’éviter par la suite, elle est au départ ce qui permet la réflexion et le travail ; elle fait donc partie de l’apprentissage)
- de développer le travail de groupe, les valeurs d’entraide et de solidarité
- que chaque enfant se voit progresser dans cette invitation à relever le défi du « 0 erreurs pour tous et pour moi aussi ! »
- que l’enfant prenne l’habitude d’analyser ses erreurs, trouve des stratégies qui lui conviennent pour progresser.

P.-S.

Document élaboré dans le cadre du stage 320 -janvier 2007 http://www.ac-grenoble.fr/ien.bourg...

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