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Un siècle d’éducation nouvelle

vendredi 9 septembre 2005, par classedu

"Une pédagogie active, respectant les besoins et les intérêts de l’enfant ainsi que sa liberté : les principes de l’éducation nouvelle apparaissent encore aujourd’hui d’une grande modernité." Martine Fournier

- Les enfants s’activent joyeusement a assembler des caractères d’imprimerie pour composer le texte qui a été choisi le matin même. Chaque élève en propose un une fois par semaine. C’est une coutume, un rituel, un rendez-vous de la vie de classe. L’histoire sélectionnée par les élèves sélectionnée par les élèves sera imprimée pour composer le « livre de vie » dans lequel ce Cours préparatoire peu ordinaire apprend la lecture.
- Ce livre de vie est une ressource pour les apprentissages et une présentation des productions des élèves avec les textes libres des plus grands, les articles sur des recherches collectives sur différents sujets, les reportages pour faire connaître le village ou la région, les échanges avec les correspondants. Ainsi fonctionnait, dans les années 50, une école utilisant les méthodes Freinet.

- Célestin Freinet, Ovide Decroly, Maria Montessori, John Dewey, Alexander S. Neill, et bien d’autres ont participé d’un courant qui a traversé le siècle, et dont les approches sont généralement réunies sous le nom d’« éducation nouvelle ».

- Que recouvre ce terme générique ? En fait, toute une diversité de points de vue éducatifs qui ont en commun une opposition à l’enseignement traditionnel. Ces mouvements sont tous nés d’une contestation du modèle éducatif courant. Ils furent perçus comme innovants, provocateurs, libertaires. Ils furent vivement critiqués par les pédagogues plus classiques. Qu’en reste-t-il, une centaine d’année plus tard, au nouveau siècle ?

- Les premières écoles nouvelles naissent à la fin du XIXe siècle : la New School d’Abbotsholme, en Angleterre, créée par Cecil Reddie ; l’école laboratoire de l’université de Chicago, fondée par John Dewey ; les expériences des Arbeitsschule (école active) de Munich, par Georg Kerschensteiner ; la Casa de bambini, à Rome de Maria Montessori ; l’école de l’Ermitage d’Ovide Decroly, à Bruxelles, en 1907 ; l’école des Roches, en France.

- La nécessité de réformer l’éducation apparaît après la première guerre mondiale : il convient de former « des individus capables de mettre fin aux guerres et d’organiser par la compréhension mutuelle, un monde meilleur ». Le mensuel Sciences Humaines rappelle dans son numéro de l’été 2000 que toutes sortes de tentatives pédagogiques fleurissent : " à la fondation des Communautés libres de Hambourg, les enfants organisent seuls leur vie scolaire, décident de leur règlement et choisissent leurs responsables. Aux Etats-Unis, le Plan Dalton met en place les méthodes de travail individualisé èt une pédagogie du contrat entre l’élève et l’enseignant, tandis qu’en Angleterre, A.S. Neill fonde sa célèbre école de Summerhill, en 1921.A la même époque, le psychologne suisse Edouard Claparède crée l’Institut Jean-Jacques-Rousseau, à Genève, en 1912, véritable institut de sciences de l’éducation destiné à former, « dans un esprit nouveau » aux carrières pédagogiques. Et c’est dans les années 20 que l’un de ses élèves, Jean Piaget, commence à publier toute une série d’ouvrages sur le développement de l’intelligence chez l’enfant qui, avec ceux de Henri Wallon, influenceront et encourageront le développement de l’Education nouvelle. De leur côté, Ferdinand Buisson et Alfred Binet poursuivent leurs travaux sur la mesure de l’intelligence et prônent une pédagogie scientifique ".

- C’est dans divers courants scientifiques que l’éducation nouvelle puise son inspiration. La psychologie de l’enfant, la philosophie de type pragmatique ( cf le learning by doing de John Dewey), un élan humaniste de type rousseauiste ( amour et respect de l’enfance, travail manuel et jardinage, liberté et créativité) alimentent sa réflexion. Trois grands principes y président :

- la centration sur l’enfant,
- l’éducation morale (autonomie, entraide, coopération)
- la pratique des méthodes actives.

- Toutefois, des différents courants de l’éducation nouvelle naissent diverses polémiques. Doit-on laisser l’enfant évoluer entièrement selon ses désirs ? s’appuyer sur ses intérêts pour construire des situations pédagogiques ? susciter chez l’élève des besoins de savoir dans une optique fonctionnelle (cf. Claparède) ? ou bien organiser l’enseignement à partir des "besoins naturels" de l’individu ? faire de l’école une petite république dans laquelle la classe devient une cooperative gérée par les éléves ? ne pas contrarier l’élan vital cher à Celestin Freinet ?

- Quelques rares établissements ont poursuivi l’oeuvre des pères fondateurs. Ainsi les écoles Decroly, Freinet ou l’école de Summerhill qui fut menacée en 2001 de fermeture par le gouvernement britannique. Toutefois, une étude a démontré que les élèves, de cette institution de type libertaire, peuvent aisément et rapidemment rattrapper des enseignements manquants à leur cursus. Les paradigmes contemporains (cognitivisme puérocentrisme, valorisation de l’expression de soi) ont revivifié les grands principes de l’éducation nouvelle qui demeure une base de toute innovation pédagogique, des théories éducatives actuelles.

- QUATRE GRANDES FIGURES PEDAGOGIQUES :

- JOHN DEWEY (1859-1952) De formation philosophique, il créa à l’Université de Chicago une "école-laboratoire". Il prône les activités manuelles comme support de l’activité intellectuelle. Il insiste sur la nécessité de considérer les intérêts de l’enfant en faisant la distinction les faux intérêts et les véritables besoins. Toute leçon doit ainsi être une réponse au questionnement de l’enfant qui construit son savoir dans un processus dynamique et individuel. Cette pédagogie est pragmatique, elle se fonde sur le "learning by doing", utilise le projet et les actuelles situations-problèmes.

- OVIDE DECROLY (1871-1932) Médecin neurologiste belge, Decroly pense que le milieu naturel et la santé physique conditionnent complètement l’évolution intellectuelle. Son enseignement est fondé autour de "centres d’intérêts" ou besoins naturels de l’individu. La classe est démocratique, la sanction naturelle ( ex. un objet cassé doit être réparé). Decroly fut aussi un grand théoricien de la méthode globale de lecture très influencé par la gestalt (psychologie de la forme) ("l’enfant perçoit mieux des ensembles organisés et signifiants -mots ou phrases- que des éléments sans signification- lettres ou syllabes.")

- MARIA MONTESSORI (1870-1952) Médecin italienne, Maria Montessori s’intéressa d’abord aux enfants anormaux avant de généraliser sa méthode : un ensemble original de matériel ( cubes, emboîtements d’objets variés, lettres découpées dans divers matériaux...) dont les enfants peuvent user librement. Influencée par la biologie, elle pensait qu’il convient de ne pas contrarier l’évolution de l’enfant qui se fait progressivement par étapes. Elle inspirera en France les écoles maternelles.

- CELESTIN FREINET (1896-1966) Grand inventeur de méthodes pédagogiques innovantes ( l’imprimerie de classe, le texte libre, les travaux d’éveil et personnels...), Célestin Freinet, exclu de l’Education nationale, créa une école à Saint-Paul de Vence. Il voulait fonder une véritable "éducation prolétarienne destinée aux enfants du peuple". Il élabora aussi une théorie psychologique de l’enfant fondée sur deux postulats : l’élan vital (ou le dynamisme naturel de l’enfant à ne pas contrarier) le tatônnement expérimental ( ou le déploiement de tous les moyens qui passent par l’esprit que l’on accède aux lois de la physique, de la grammaire ou de l’orthographe. Pour Freinet, l’erreur est un vrai moyen d’accès à la connaissance.

- A SUIVRE...

P.-S.

SOURCES DOCUMENTAIRES : Extrait de SCIENCES HUMAINES N° de Août-Septembre 2000

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