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Rencontres AREF 2010

Comment faire pour qu’enfin, les savoirs issus des sciences de l’Education soient reconnus à la hauteur des « vraies » disciplines « scientifiques », celles qui ont des résultats, des preuves et des certitudes ?

mardi 14 septembre 2010, par classedu

- Le but des rencontres AREF, qui ont lieu tous les trois ans, est de faire le point sur les travaux les plus récents en éducation et en formation au sein de la francophonie, de valoriser la production de recherches et la formation à la recherche, tout en contribuant à sa structuration.
- Dans cette perspective, un des objectifs du congrès de 2010 sera notamment d’esquisser une « cartographie » de la recherche en éducation, visant à dégager les questions « vives » et les « points aveugles » dans différents champs de la recherche, ainsi que les enjeux épistémologiques, méthodologiques et culturels qui y sont liés.

Les congrès AREF s’adressent aux chercheurs ainsi qu’aux enseignants, formateurs et responsables éducatifs. Différentes formes de contributions sont attendues (communications individuelles, symposiums présentés conjointement par plusieurs équipes de recherche, tables-rondes, conférences plénières, posters) afin de permettre à chacun d’y trouver sa place. L’édition 2010 proposera également une pré-conférence à visée de formation destinée plus particulièrement aux jeunes chercheurs (doctorants ou jeunes docteurs). Ils présenteront, s’ils le souhaitent, leur communication dans le cadre du congrès.
- Ci-dessous, nous reprenons quelques extraits d’un compte rendu du Café pédagogique

- Chantal Amade-Escot, didacticienne de l’EPS, professeur à Toulouse le Mirail, cite la longue histoire de l’étude des rapports entre les recherches en didactique et les pratiques enseignantes. Mais le développement de "recherches contextualisées" produisant des alliances entre les deux reste problématique. La didactique est parfois vue comme très prescriptive, théorisante sans prise avec les pratiques. Se pose, pour elle, la question de la "reproblématisation" des savoirs de la recherche par les professionnels. Elle interroge donc la "normativité" (les bonnes raisons de faire ce qu’on fait) des milieux de la formation, de l’inspection, chacun avec ses attentes et ses modes d’évaluation de "ce qui vaut". Mais les normes professionnelles sont souvent floues, peu explicitées ni controversées. Ainsi, les conflits sont nombreux entre les différents milieux, avec la "surprescription" de ce qu’il faut faire, et la"sous-prescription" de comment le faire, pour reprendre les mots de l’équipe de recherche ERGAPE. Par exemple, la prescription d’individualisation de l’enseignement, actuellement forte dans les programmes, est critiquée par les savoirs de plusieurs courant de recherche. "Certaines normes didactiques recommandent de "faire produire le savoir par les élèves" au nom d’une norme socio-constructiviste, mais dans la pratique, le retrait du professeur inquiet d’intervenir n’aide pas les élèves à progresser.

- Jean-Marie Barbier, professeur au CNAM se définit comme "chercheur en formation des adultes". Pour lui, la formation se réfère à des activités, et non à des savoirs. Inutile de demander à la recherche, dit-il, si son travail est utile. C’est à la "maîtrise d’ouvrage" de le décider. Dans une situation de formation, les formés ne formulent pas des questions de recherche, mais des questions professionnelles : comment réussir ce qu’on n’arrive pas à faire ? comment répondre à la demande de l’encadrement et de la prescription ? Les outils d’analyse produits par son équipe "peuvent servir" à analyser l’activité professionnelle, dans ses transformations. L’émergence des différents courants d’analyse du travail dans la recherche en témoigne. "Mais ce n’est pas directement le travail traditionnel des sciences de l’éducation", qui doivent selon Barbier s’ouvrir à ces nouveaux courants pour enrichir leur palette explicative. Parce que travailler à partir de l’expérience des acteurs fait prendre un autre point de vue pour la recherche et la formation. A condition qu’on soit capable de "ne pas en rester aux mots explicatifs des chercheurs", afin que les "construits de la recherche" ne deviennent pas naturalisés, qu’on garde centrale la compréhension du point de vue des acteurs, la signification qu’ils donnent à leurs actes, sans vouloir parler et expliquer à leur place. "Bref, parler modestement du point de vue du chercheur sur le point de vue de l’acteur" : ce n’est pas le rôle du chercheur de définir ce que sont les compétences professionnelles, même s’il peut donner une définition scientifique de la notion de compétence. Savoir n’est pas connaissance : un savoir porte des attributions sociales de valeur, mais pas de valeur en soi. Au contraire, les connaissances sont des catégories mentales qui changent sans arrêt, qui sont à la fois en amont et en aval des savoirs. La formation doit en tenir compte".

- Jean-Paul Bronckaert : « Je suis frappé par le nombre grandissant des recherches présentées ici qui visent à comprendre la nature du travail éducatif, du travail de l’enseignant. Mais la question reste entière, de savoir si les sciences de l’éducation vont pouvoir devenir le carrefour des sciences concernées par le développement humain. Nous avons à concilier trois pôles : le fruit scientifique de nos travaux, les demandes sociales de plus en plus nombreuses, les injonctions politiques. Il arrive que les décisions politiques soient prises sans la moindre considération des recherches, mais il arrive aussi que la recherche n’ait pas le même avis que l’opinion ou les enseignants sur les solutions à trouver. Pour être en prise directe avec la société dans son ensemble, en considérant que la responsabilité des pouvoirs publics est de se préoccuper de ses citoyens actuels et futurs, la recherche en éducation doit contribuer à des instances de régulation et de négociations, avec des contacts directs, fréquents et honnêtes avec les politiques et les différents acteurs, même quand des divergences de position se manifestent. » Le ministre de l’Education genevois lui succédant à la tribune, lui répond en écho : « Assurer la compréhension des phénomènes d’éducation en direction du grand public lui-même, c’est une mission fondamentale de la recherche. ».

- Article complet du Café pédagogique

Voir en ligne : SITE DE L’AREF

P.-S.

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