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DES CONCEPTIONS EDUCATIVES, AU FAIT... QUELLE EST LA VOTRE ?

Conceptions éducatives

samedi 12 janvier 2008, par classedu

- Considérez-vous l’étudiant comme un entonnoir, la tâche de l’enseignant consistant à introduire et faire passer des connaissances dans la "tête" de l’élève...
- Ou bien considérez-vous l’étudiant comme une éponge. C’est fort simple dans ce cas, il suffit de le mettre dans un bain favorable et de lui-même il s’imprègne du savoir diffusé... vous êtes la télévision et lui le poste de réception passif qui enregistre tout !
- Ou encore l’étudiant est un bac de décantation, avec un peu de calme, les idées sérieuses feront magiquement surface alors que tout le reste se décante, les jeunes gens apprennent toujours, l’acte d’apprendre est un mécanisme si mystérieux !
- Ou considérez-vous l’étudiant comme un tamis capricieux qui ne retient que ce qu’il veut bien retenir...

- On peut aussi considérer la personne qui apprend autrement. Par exemple, comme le suggère les auteurs Noyé & Piveteau, comme un ordinateur qu’il faut formater, instruire, ou comme une plante qu’il faut arroser afin qu’elle croisse harmonieusement.

- Prenons l’image de l’ordinateur, c’est un système d’input et d’output dont il faut contrôler les entrées et les sorties. Le prof ou le formateur seront ici dans le rôle du programmateur, un contenu bien organisé, bien programmé devra s’inscrire dans la mémoire ; des tests permettant de vérifier si tous les "fichiers savoirs" sont bien enregistrés dans la machine cognitive. Le contrôle consiste donc à demander à l’élève-machine à reproduire les informations qui furent introduites.

- Si l’on préfère l’image de la plante " il suffit de créer en lu un printemps et laisser les fleurs et les fruits se développer". La croissance s’opère selon des condition favorables que l’enseignant doit mettre en œuvre, il agit sur l’environnement tel un maître de cérémonie. La personne apprend par elle-même et progresse naturellement si nul obstacle n’interfère.

- On peut prendre aussi la métaphore du sportif qui apprend avec la pratique grâce à une forte motivation. Il est guidé et encouragé par un entraîneur. L’apprentissage est centré sur le geste, la pratique. La métaphore de l’animal fera penser au dressage comme le chien de Pavlov. L’idée est de façonner chez l’apprenant des comportements en les encourageant systématiquement, en créant un environnement qui favorise certaines habitudes.

- L’image de l’ordinateur correspond à la pédagogie traditionnelle, celle de la plante au courant humaniste proche du théoricien Carl Rogers, l’image de l’animal que l’on dresse, au comportementalisme et aux méthodes d’apprentissages de Skinner ( les machines à enseigner, l’enseignement programmé), celle du sportif au courant de formation "fonctionnaliste" où l’accent est mis sur les objectifs pédagogiques, la motivation, les tâches à accomplir, les problèmes à résoudre.

- Quelle est la meilleure de ses méthodes pédagogiques ? Une combinaison rigoureuse des quatre. Pourquoi ?

- Parce que ces quatre représentations correspondent aux grandes fonctions de l’apprentissage. Chaque théorie rend compte d’un seul aspect d’une réalité irréductible à une seule caractéristique. La réalité est bien trop complexe pour être modélisée dans une seule théorie aussi pertinente soit-elle. On considère ainsi l’apprenant capable de se guider lui-même et d’agir de façon autonome (cf le courant humaniste et fonctionnaliste), mais dans certaines situations il convient de le guider de l’extérieur (courant traditionnel et comportementaliste). Nous devons aussi admettre dans le processus pédagogique des aspects rationnels, intellectuels, logiques ( cf. courant traditionnel et fonctionnaliste) ainsi que des aspects affectifs, instinctifs et intuitifs ( cf. courant humaniste et comportementaliste).

- Le bon formateur ou enseignant ne peut rester fixer sur une seule théorie, un seul courant pédagogique. Il doit savoir analyser une situation et choisir les démarches pédagogiques appropriées. Le formateur doit connaître les différentes théories pédagogiques, les applications didactiques pour mieux faire son choix et bien astucieusement et pertinemment monter sa démarche de formation. A cet égard, il s’agit d’une posture "multiréférentielle" en matière pédagogique que doit prendre le formateur. Il doit "bricoler" intelligemment, articuler à bon escient des diverses techniques pédagogiques pour mieux atteindre son objectif de formation ou d’enseignement, le "être capable de...". "Une telle pratique vise à ajuster le processus enseigner selon la situation des apprenants dans leur travail d’apprentissage. On pourrait l’appeler une "pratique de formation situationnelle (...)

- Les choix doivent prendre en compte différents critères :
- la cohérence avec les objectifs pédagogiques
- le respect des principes de la pédagogie des adultes
- la prise en compte du contexte professionnel des participants, les contraintes de temps et d’argent" ( Noyé & Piveteau).

- Nous pouvons rencontrer des moments où il faut donner un cours magistral. Par exemple, il manque des pré requis essentiels chez les apprenants. En d’autres moments, il faut être non-directif, parfois il convient de se contenter de distribuer des documents et de laisser travailler les personnes. Il faut plusieurs arcs à sa corde pédagogique et savoir lequel utiliser pour atteindre un but.. Il n’y a ni valeur absolue, ni vérité unique transposable en toutes situations de formation.
- Notons cependant, que le travail en groupe crée une dynamique favorable à l’apprentissage, mais il ne peut être systématique. Le groupe peut étouffer la mobilité, la valorisation, la motivation individuelle. Les travaux en sous-groupes favorisent cependant l’expression, l’activité et la responsabilité des gens en formation si l’organisation de ce travail est bien structuré ( en ce qui concerne les consignes et la procédure de mise en commun). Sachons cependant que l’alternance des méthodes pédagogiques est nécessaire pour éviter des écueils tels la lassitude.
- Il importe que des séances offrent la possibilité d’expression à chacun. Le travail en groupe favorisant la prise de parole de tous en interne mais peu d’échanges externes pour certains. Par contre l’expression collective favorise les "leaders naturels". Nous le voyons, il n’y a pas de méthode idéale, seule leurs alternances !! pour l’apprenant, l’expression est le moyen de clarification de la pensée et d’une profonde assimilation. La parole de l’apprenant doit être prépondérante. Celle du formateur est présente pour susciter l’expression des membres du groupe. Il fat utiliser des éléments de stimulation à la parole diversifiés : travaux en petits groupe, support écrit ou audiovisuel & réactions, jeux de rôles... L’apprenant participera d’autant plus s’il sait sa parole entendue et accueillie avec bienveillance. En reprenant ce que la personne dit, en reformulant ce qui est dit par les participants est une manière d’acceptation par le formateur des diverses opinions et sentiments. C’est monter qu’on est disposé à en prendre compte. Manifester son désaccord devra se faire avec tact en soulignant d’abord les points d’accord puis expliquant en quoi son avis diverge grâce à des questions qui amènent d’autres réactions ou le stagiaire à affiner sa pensée (cf technique de la maïeutique de Socrate). Veiller à ne pas s’enfermer dans une séance de questions-réponses ; déclaration, reformulation, silence, invitation à développer... sont autant d’éléments pour éviter se se scléroser dans une espèce de "leçon dialoguée"... C’est ici une question d’alternance des activités, des paroles, des démarches, des procédures pédagogiques afin de maintenir l’intérêt chez les participants à la formation...Les exposés devront être brefs et pas trop nombreux. Il faut savoir que "ce n’est pas la parole entendue qui enseigne mais la parole prononcée" C-a-d., la manière d’énoncer, la tonalité, les anecdotes, ... Savoir gérer son regard, sa voix, sa posture ; ne pas lire des notes rédigées (gardez une seule trace de mots ou concepts clefs) élaborer des phrases courtes, simples et indépendantes. Être affirmatif, assertif et simple. Éviter les phrases négatives difficiles à décrypter. Dire des images, des métaphores (c’est un temps de pause nécessaire dans la théorie, et elles favorisent les personnes imaginatives et aux mémoires optiques...) Bien présenter les concepts, bien répéter les choses trois fois. La première fois : annoncez que vous allez parler de cela. La seconde fois, en parler. La troisième fois, il faut dire que vous en avez parlé. Ne pas oublier en début de séance de bien spécifier les objectifs poursuivis. Il importe en démarrant un stage d e liquider toutes les craintes que peuvent avoir les gens : se présenter mutuellement sous forme conviviale et/ou ludique ; repérer les attentes des stagiaires et y répondre, s’assurer que les réponses collent et de l’adhésion du groupe aux buts poursuivis. Permettre à l’apprenant de reformuler les objectifs et de les enrichir de ses propres objectifs... Faire connaître le déroulement dans le temps du programme de la session de formation, permettre à chacun de situer une séance, un cours... dans le cursus, le déroulement de la formation...

P.-S.

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