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QU’EST CE QU’APPRENDRE

Article sur l’apprentissage selon Wikipedia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage

vendredi 7 mars 2008, par classedu

L’apprentissage est l’acquisition de savoir-faire, c’est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d’attitudes ou de valeurs culturelles, par l’observation, l’imitation, l’essai, la répétition, la présentation. Il s’oppose, tout en le complétant, à l’enseignement dont le but est surtout l’acquisition de savoirs ou de connaissances au moyen d’études, d’exercices et de contrôles des connaissances.

- Pour la psychologie inspirée du béhaviorisme, l’apprentissage est vu comme la mise en relation entre un événement provoqué par l’extérieur (stimulus) et une réaction adéquate du sujet, qui cause un changement de comportement qui est persistant, mesurable, et spécifique ou permet à l’individu de formuler une nouvelle construction mentale ou réviser une construction mentale préalable.

- Définition de l’apprentissage :

L’apprentissage consiste à acquérir ou à modifier une représentation d’un environnement de façon à permettre sur celui-ci une action efficace.

- Apprentissage, acquis et inné :

La plupart des organismes pluricellulaires sont capables d’apprendre et de se souvenir, par des processus émergents.

- L’aspect fonctionnel en a été théorisé par Pavlov, fait intervenir des concepts déjà étudiés par Bayes et Laplace. L’aspect structurel est étudié par les neurosciences (voir par exemple Jean-Pierre Changeux). Dans ce dernier cas, on est loin de modèles aussi complexes que le cerveau humain, et on se contente encore (2008) de modéliser des systèmes perceptifs très simplifiés (voir réseau de neurones) que l’on « éduque » par des méthodes encore assez empiriques. Chacun d’entre nous étant le produit de son hérédité et de son milieu, on peut parler d’intrication entre inné et acquis, cele-ci constituant ce que nous nommons l’expérience.

- Apprentissage, pédagogie et neuroscience :

Certains phénomènes, trop aléatoires, ne se prêtent absolument pas à l’apprentissage : ce que l’on croit savoir est seulement un leurre, une illusion. Mais le sujet n’est évidemment pas capable de s’en rendre compte, et ce faux savoir peut être très structurant pour l’environnement, et notamment les générations futures à qui on demandera de s’en imprégner.

- L’apprentissage peut être un phénomène individuel ou collectif (c’est une population qui apprend). La distinction entre les deux dépend d’ailleurs de l’échelle utilisée : un neurobiologiste, considère l’apprentissage individuel chez l’homme ou tout autre être vivant comme un apprentissage collectif effectué par sa population de neurones.

- Des recherches récentes utilisant la caméra à positons indiquent que les mêmes zones cérébrales s’activent lors de l’observation d’une chose et de sa pratique (voir neurones miroirs). Outre l’éclairage que donne cette découverte sur le Mimétisme comportemental (et peut-être sur la pornographie), des vulgarisateurs comme Robert Winston en infèrent qu’observer serait déjà "un peu" pratiquer.

- L’expérience consistant à mettre deux chatons à deux bouts d’un tourniquet (l’un ayant l’usage de ses pattes pour rendre l’ensemble mobile et l’autre non) montre cependant[1] qu’à expérience visuelle égale la psychomotricité ne s’acquiert que là où la vue est directement liée à l’action motrice.

- Méthodes d’apprentissage :

- Apprentissage par imitation :

Le plus courant : il suppose de la part de l’enfant la valorisation d’un modèle et la volonté de le posséder, de le prendre. C’est par l’imitation que se font tous les apprentissages "spontannés" de la petite enfance : parole, gestes, mimiques, etc.., ainsi que ceux de la dimension esthétique des activités : ton, grâce, style, manière, etc. Le rôle du pédagogue est de montrer l’exemple ou de proposer des modèles, sans devoir faire appel à la rationnalité expérimentale et à sa systématisation. Abandonné par la pédagogie scolaire, il reste utilisé pour l’enseignement de tous les arts :, qu’il s’agisse de l’équitation, du violon, de la cuisine, du dessin ou de la danse.

- Apprentissage par association :

On associe un stimulus nouveau à un mécanisme déjà appris, pour créer un nouveau savoir (exemple : si une réaction à une odeur est déjà apprise, on peut faire apprendre la même réaction à un son en faisant systématiquement précéder l’odeur par le son).

-  Apprentissage par essais et erreurs :

Le sujet est mis en situation, on ne lui donne aucun mode d’emploi (parfois même pas la condition de succès ou d’élimination). Pour fonctionner correctement, il faut que la solution soit assez facile à trouver, compte tenu de ce que le sujet sait déjà.

- Pour apprendre des choses complexes, il faut donc s’appuyer sur l’apprentissage par association pour enchaîner des situations de difficulté croissante et permettant de nombreuses répétitions. Cela rend cet apprentissage coûteux. Mais c’est le seul qui fonctionne encore quand la solution doit être découverte, on parle alors de démarche heuristique.

- On peut distinguer une variante mentale : le sujet ne fait pas vraiment certains essais, mais utilise seulement des résultats virtuels, imaginaires, pour trier les essais qui valent la peine d’être faits : les expériences de pensée sont utilisées pour raisonner sur des phénomènes que nous ne pouvons expérimenter dans la réalité (cf. Einstein se demandant ce qu’il verrait s’il se déplaçait à la vitesse de la lumière). Cette construction imaginaire peut aller très loin, jusqu’à constituer un cadre théorique complet : beaucoup de mathématiciens depuis la plus haute antiquité imaginent ainsi "se déplacer" dans un univers de concepts mathématiques qui existerait indépendamment des humains (conception dite "platonicienne", dont Alain Connes est un des représentants célèbres).

On peut également distinguer deux stratégies : la suppression des causes d’échec (détecter les événements conduisant à l’élimination) et la recherche des facteurs de succès (détecter les événements caractéristiques du succès). Dans le premier cas, il faut être capable de supporter l’échec pour frôler la limite ; cela permet de bien délimiter le domaine, et le sujet est plus à même de transposer à d’autres situations similaires mais différentes ; mais le risque est, par association, de faire l’apprentissage de l’échec plutôt que de la réussite...

À noter : une variante où, au lieu d’un seul individu faisant quantité d’essais, c’est un grand nombre d’individus qui font chacun un essai seulement. C’est l’apprentissage par sélection (ou criblage) qui est la méthode des populations vivantes pour apprendre à vivre (processus de sélection naturelle).

- Apprentissage par explication :

On explique au sujet, oralement ou par écrit, ce qu’il doit savoir (exemple : un manuel de secourisme). C’est le principe des cours magistraux.

- Apprentissage par répétition : On fait faire au sujet ce qu’il doit apprendre, d’abord passivement, puis de plus en plus activement, jusqu’à ce qu’il puisse faire et refaire seul les opérations.

- Apprentissage combiné  :

C’est le plus efficace, et il très utilisé en matière d’enseignement de savoir-faire professionnel, car il combine les modalités précédentes : le sujet est mis en situation (en commençant par les plus simples), on lui montre quelques fois les bons gestes en lui expliquant les principes d’action ; on le laisse ensuite se perfectionner par une répétition de moins en moins supervisée.

- Apprentissage par immersion  :

Les langues s’apprennent mieux en situation d’immersion totale. Par exemple, lorsque les cours ne sont donnés que dans la langue à apprendre et que le professeur ne parle avec les élèves que dans leur langue d’immersion. À défaut, il est conseillé de passer une année ou deux dans un pays parlant la langue souhaitée afin de mieux saisir les différences d’expressions orales et écrites. De plus, en se débrouillant seul, on apprend plus facilement à comprendre la langue, les coutumes et la culture d’un pays

- Enquête sur les acquis fondamentaux :

En 2004, les résultats d’une étude de l’OCDE menée dans quarante pays ont montré que les jeunes français étaient dans la moyenne en mathématiques. Cette enquête du Programme international pour le suivi des acquis (P.I.S.A.), cherchait à évaluer les compétences en mathématiques des élèves de 15 ans : la France arrivait en seizième position avec 511 points, c’est-à-dire onze points au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. L’enquête portait sur environ 4 500 élèves par pays. En 2001, une enquête similaire révélait que la France se trouvait en milieu de classement pour la maîtrise de l’écrit et de la lecture : 4,2 % des jeunes français ne savaient pas lire correctement, contre 6,3 % en 2004.

- Recherches, Applications et Usages :

L’éthologie étudie les comportements d’apprentissage : le rôle de l’intelligence, les comportements d’adaptation et de survie concernent beaucoup d’espèces animales. Les sciences cognitives fournissent une vision physiologique à l’acquisition des connaissances. L’Education Nationale (En France) dispose d’un vaste réseau de recherche sur la Pédagogie. Les comportements d’apprentissage caractéristiques - auto-verbalisation systématique, questionnement répétitif – semblent difficiles à mettre en oeuvre dans les classes de l’école primaire. Il y a un renouvellement de la réflexion sur l’apprentissage grâce aux réflexions des chercheurs sur la transmission de connaissances aux robots : dans un système expert, l’expert doit acquérir de nouvelles connaissances, enrichir son expérience, enregistrer les diagnostics qui ne marchent pas. · L’enseignement à distance et l’usage de didacticiels ont obligé à formaliser les conditions d’un apprentissage de bonne qualité : possibilité de réaction immédiate, répétabilité, capacité de retraitement de l’information.

- Notes et références : ↑ Encyclopédie Time-Life Le Monde des sciences

- Bibliographie :

- ASTOLFI Jean-Pierre, 1992, (fr), L’école pour apprendre, Col. Pédagogies, E.S.F., Paris
- AUMONT Bernadette, MESNIER Pierre-Marie, 1992, (fr), L’acte d’apprendre, P.U.F., Paris
- BEDNARZ Nadine, GARNIER Catherine, 1989, (fr), Construction des savoirs (Obstacles et conflits), Agence d’Arc
- BLOOM Benjamin S., 1979, (fr), Caractéristiques individuelles et apprentissages scolaires, Nathan, Paris
- BÜCHEL F. et PAOUR J.-L., Eds, 1990, (en), Assessments of learning and development potential : theory and practices, Journal européen de psychologie de l’éducation, N° 5 (Numéro spécial) - 2 Juin 1990
- CHARLOT Bernard, 1986, (fr), Du rapport au savoir (Éléments pour une théorie), Col. Anthropos,Économica, Paris
- EHRLICH Stéphane, 1975, (fr), Apprentissage et mémoire chez l’homme, P.U.F., Paris
- GAGNÉ Robert M., 1976, (fr), Les principes fondamentaux de l’apprentissage, Holt, Rinehart & Winston, Montréal
- GIORDAN André, de VECCHI Gérard, 1987, (fr), L’origine des savoirs, Delachaux et Niestlé, Neuchâtel/Paris
- HADJI Charles, 1995, (fr), Penser et agir l’éducation (De l’intelligence du développement au développement des intelligences), E.S.F., Paris
- HURTIG Michel, 1960, (fr), Étude expérimentale des possibilités d’apprentissage intellectuel d’enfants débiles et d’enfants normaux, Enfance, N° 4-5, Pages 371-383
- HUTEAU Michel, 1987, (fr), Style cognitif et personnalité, Presses Universitaires de Lille, 1987
- INHELDER Bärbel, 1966, (fr), Développement, régulation et apprentissage - Dans : Psychologie et épistémologie génétique (Thèmes piagétiens) - Dunod, Paris, Tome 1 - Chapitre 3 : Facteurs et régulations des développements
- INHELDER Bärbel, BOVET M., SINCLAIR H., 1974, (fr), Apprentissage et structures de la connaissance - Col. Psychologie d’aujourd’hui - P.U.F., Paris
- MEIRIEU Philippe et DEVELAY Michel, eds, 1996, (fr), Le transfert des connaissances, C.R.D.P. de Lyon, Lyon
- REBOUL Olivier, 1980, (fr), Qu’est-ce qu’apprendre ? (Pour une philosophie de l’enseignement), Col. L’Éducateur, N° 75, P.U.F., Paris
- TALYZINA N. F., 1980, (fr), De l’enseignement programmé à la programmation de la connaissance, Presses Universitaires de Lille, Lille

- Autres dimensions de l’apprentissage : L’apprentissage est considéré dans les conceptions modernes d’ingénierie des connaissances, comme l’une des composantes clés de la performance collective des organisations, dans des communautés de pratique.

- Quelques théories et sous-catégories d’apprentissage :

- Apprentissage automatique
- Apprentissage en ligne
- Apprentissage moteur
- Cognition
- Constructivisme (psychologie)
- Debugging
- Enseignement des langues étrangères
- Lecture
- Méthode scientifique
- Styles d’apprentissage
- Phases de l’apprentissage
- Contrat d’apprentissage
- Psychologie génétique
- Psychologie cognitive
- Sociologie cognitive
- Sociologie de l’éducation
- L’apprenance
- Le tutorat
- Formation
- Connaissance technique
- Jean Piaget
- Compagnonnage
- Compagnon
- Compagnons du Devoir
- Association ouvriere des compagnons du devoir
- Tour de France du compagnonnage
- Formation
- Formateur
- Autoformation
- Formation continue
- Apprenti
- Classement thématique des neurosciences

P.-S.

Source : Wikipedia, 2008. L’encyclopédie Libre et interactive.

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