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Pratiques recommandées dans le domaine de l’oral

mardi 2 janvier 2007, par classedu

Même si l’on apprend à parler en parlant, le rôle de l’enseignant est d’organiser des situations de langage variées, aux objectifs précis, donnant lieu à de véritables apprentissages, selon des compétences clairement identifiées. Les situations préparées et structurées par l’enseignant prennent sens pour les élèves qui agissent, mais aussi décrivent, racontent, expliquent, argumentent, tout en apprenant à mieux maîtriser les contraintes de la langue et de la communication.

- 1. Les enseignants choisissent des organisations de classe qui favorisent l’expression orale de leurs élèves : situation duelle (avec l’adulte, avec un pair, en tutorat), en petit groupe, en groupe classe. C’est tout particulièrement à l’occasion des comptes rendus de travail en groupe que les enfants sont amenés à exposer une démarche, justifier des résultats, répondre à des objections. Cette préoccupation doit demeurer constante dans toutes les disciplines.

- 2. Conscient de la dimension modélisante de sa parole, l’enseignant" est particulièrement vigilant quant à la qualité et à la rigueur de la langue qu’il emploie.

- 3. L’enseignant s’exprime de façon brève, pour donner au maximum la parole aux élèves. Ses consignes sont claires et précises. H ne se limitera pas à des questions fermées qui demandent des réponses de quelques mots. Par son questionnement fréquent, il demande des précisions, des explications, des efforts d’explicitation, même lorsqu’il a compris ce que l’enfant veut dire. Il s’efforce, même en grand groupe, de favoriser des interactions entre les enfants.

- 4. Dans tous les domaines disciplinaires, l’enseignant sollicite les élèves pour s’assurer de la compréhension des consignes, du projet en cours ; il leur donne la parole pour expliciter les critères de réussite ; il ne rejette pas les réponses erronées, mais fait analyser les difficultés et les erreurs ; ce sont les élèves qui formulent les stratégies utilisées, qui comparent les différentes méthodes ; l’enseignant propose également aux élèves d’analyser les apprentissages auxquels ont donné lieu les activités en dégageant avec une formulation adaptée les compétences développées ; il leur demande de formuler une synthèse et les notions à retenir.

- 5. Les enseignants font en sorte que les élèves soient bénéficiaires d’une progression dans le domaine de l’oral. Dès le cycle 1, on distingue deux types d’activités : celles où le langage est un moyen et celles où il est un objet. Dans le premier cas, les situations de langage relèvent de l’action, des échanges, de l’expression, de la désignation ; les enfants apprennent à prendre la parole et à s’exprimer de façon compréhensible dans des situations de dialogues, récits (qui seront d’abord de simples évocations de situations passées, imaginaires ou futures), récitations de textes courts, explications, justifications ; ils commencent à argumenter pour justifier un avis. Dans le second cas, des exercices spécifiques permettent des acquis linguistiques et portent sur les matériaux sonores de la langue, la syntaxe, le lexique, le texte et sa structure. H ne s’agit pas de contraindre à des exercices trop systématiques ; l’usage de supports ludiques s’avère depuis longtemps excellent. Au cycle 1 et au début du cycle 2, l’enseignant recourt à la reformulation (sans commentaire négatif) pour améliorer les compétences des élèves, en visant une correction syntaxique et un enrichissement du lexique. La comparaison entre l’écrit et l’oral devient un nouveau support de communication.

- 6. Au cycle 2, l’enseignant est attentif à la bonne prononciation et à l’articulation claire des élèves. D organise des situations où les enfants ont à transmettre une information, à raconter (une visite), dire de mémoire (un poème), résumer (une histoire), décrire (une manipulation), faire un compte rendu (d’observation), expliquer ses choix, exposer un point de vue, questionner ou demander des explications, formuler des commentaires en organisant son propos. Ils apprennent à rester dans le sujet. Ces situations permettent d’utiliser une syntaxe plus complète (prépositions, conditionnel...).

- 7. Au cycle 3, l’enseignant invite l’élève à reformuler lui-même son discours pour le rendre conforme aux règles de fonctionnement de la langue enseignée à l’école. Au cycle 3, il est nécessaire d’entraîner les élèves à utiliser différents types de discours (narration, description, argumentation...), à utiliser à bon escient les registres de langue en fonction des situations, à exposer un compte rendu, à dégager une règle, à dire de mémoire un texte, à présenter un projet et prendre part à une discussion en écoutant les critiques, en cherchant à justifier leurs réponses pour convaincre.

- 8. C’est le langage qui doit permettre de mieux respecter les règles de vie collective, de dépasser les conflits, la violence des gestes et des comportements. Des formes d’organisation de la vie en classe initiant à la vie démocratique facilitent l’apprentissage des usages réglés de la discussion, à l’instar de la classe coopérative.

- 9. L’enseignant est particulièrement attentif à l’élève présentant des difficultés d’élocution ou à celui qui ne demande pas la parole ou qui ne répond pas aux sollicitations ou encore qui reste en retrait lors des échanges entre pairs. D recourt au RASED en cas de besoin. En aidant l’enfant à élaborer une langue de plus en plus riche et structurée, l’enseignant lui permet de développer un moyen de penser et communiquer efficacement.

P.-S.

D’après les recherches du groupe de travail sur tes pratiques de classe du département de l’Essonne.

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