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Quelques propos sur l’aide personnalisée de Roland Goigoux, IUFM Clermont Ferrand

Gérer l’apprentissage individualisé

jeudi 24 juin 2010, par classedu

- Quelle est votre conception de ce que pourrait être cette aide ?
- Donner plus d’école ! Il faut éviter d’élaborer des dispositifs trop lourds, comme les PPRE, reposant sur l’illusion salvatrice du couple diagnostic/remédiation. L’analogie avec le modèle médical des troubles est inadéquate en pédagogie : elle ne correspond ni au savoir- faire des enseignants, ni aux contraintes de l’exercice de leur métier. Ce n’est pas en multipliant les épreuves d’évaluation diagnostique que les maîtres connaîtront mieux leurs élèves : c’est en s’efforçant de leur enseigner plus de choses, en les accompagnant dans leurs cheminements intellectuels, en les aidant à réussir et à comprendre les tâches scolaires habituelles, en les soutenant par de nombreuses verbalisations et explications. Vous prônez une aide qui n’a rien de personnalisée… C’est l’attention portée aux élèves qui se personnalise mais dans le cadre de tâches d’enseignement ordinaires : il s’agit seulement de poursuivre en petit groupe la différenciation pédagogique amorcée en classe. Il ne faut donc pas confondre aide ordinaire et aide spécialisée. Le « sur-mesure pédagogique » est un nouveau mythe auquel on doit résister si l’on ne veut pas rendre le métier d’enseignant impossible et obtenir l’effet inverse de celui recherché. C’est pourquoi notre première mission en formation est d’aider les enseignants à repérer à quel point les difficultés de leurs élèves se ressemblent. Lorsqu’ils connaissent les régularités et les similitudes des apprentissages de leurs élèves, les maîtres parviennent à mieux prendre en compte les singularités de chacun.
- Quand vous parlez de tâches scolaires, desquelles parlez-vous ?
- De tâches proches de celles utilisées habituellement en classe mais qui se prêtent bien à un étayage soutenu. Nous les avons classées en 7 familles, désignées par sept verbes d’action : Exercer (systématiser, automatiser) ; Réviser (synthétiser, préparer une évaluation commune) ; Soutenir (accompagner l’élève au travail) ; Anticiper (préparer la future séance collective) ; Revenir en arrière (reprendre les bases) ; Compenser (enseigner ce qui est requis par les tâches scolaires mais pas enseigné) ; Faire autrement (enseigner la même chose d’une autre manière)
- Mais n’y a-t-il pas un danger : abandonner la classe comme espace de différenciation et de prise en charge de la difficulté…
- Nous faisons l’hypothèse inverse, confortée par nos observations de l’année écoulée, celle d’un accroissement de la différenciation en classe. Lorsqu’ils sont placés dans de bonnes conditions, avec des effectifs réduits, les enseignants apprennent à mieux connaître leurs élèves et la manière dont ils apprennent. Ils en profitent, en classe, pour ajuster certaines situations d’enseignement aux caractéristiques des élèves les moins performants qui étaient auparavant masquées par le collectif.

Voir en ligne : Extraits d’article de FSC du Snuipp à consulter ici

P.-S.

ClassEdu.com, 2009/édité par eduactive.info

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