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Question de grammaire au cycle 3 de l’élémentaire

mercredi 15 octobre 2008, par classedu

- Pour résumer, la grammaire consiste à :

- Choisir une phrase problème, typique ou atypique, porteur d’un phénomène grammatical à traiter comme une situation problème (avec hypothèses et manipulations des élèves) qui devient une phrase modèle de l’objet linguistique.

- Faire observer des régularités ou particularités, faire manipuler selon certaines procédures la phrase qui pose un problème ou une question grammaticale…

- De telle sorte qu’elle devient une phrase modèle d’un fait langagier, d’un objet linguistique.

- Par ex. : la phrase « Défense de fumer » est la phrase modèle d’une phrase nominale, sans verbe conjugué ; au départ phrase problème atypique, les comparaisons avec d’autres phrases ou bien des manipulations d’extraction des constituants essentiels ou de suppression, etc. conduisent à la constituer en « modèle » de ce type de phrase.

- Faire de la grammaire est un passage, un « glissement » de la langue outil (d’expression et de communication) vers une langue objet (de description et de compréhension de son fonctionnement pour mieux contrôler, réguler, maîtriser le langage en réception et production orale ou écrite).

- C’est dépasser la dimension sémantique de la langue pour se situer sur une dimension syntaxique : c’est un travail abstrait, long et progressif, sachant que tous les concepts grammaticaux sont emboîtés les uns aux autres, ils forment un ensemble (image du lego, métaphore d’un jeu de déconstruction et reconstruction de la phrase et du texte)

- Le jeu est un accès favorable à la dimension analyse de la langue : il n’existe pas de grammaire sans règles, pas de grammaire sans jeux de langage. Et pas de jeux de langage rendus possibles sans l’existence de contraintes, de règles. Et ces deux conditions sont un préalable à toute analyse de la phrase. La « phase jeu » est une condition pour parvenir à l’analyse du langage.

- Grammaire (règles de…) -> règles (du jeu) -> jeu -> jeux de langage (liés à des règles) -> règles de la langue = accès à l’analyse de la langue.

- Ces conditions sont un préalable à toute analyse de la phrase. La « phase jeu » est une condition pour parvenir à l’analyse du langage.

- Apprendre la grammaire à l’école élémentaire serait d’abord l’apprendre au moyen d’artefacts qui font jouer la langue, une langue en jeu avant qu’elle ne devienne un enjeu scientifique dans les classes supérieures.

- Enfin, l’étude des copies des élèves, afin de relever les acquisitions ou non, comme interroger les élèves sur leurs procédures, leurs manières de solutionner des questions grammaticales nous renseigneraient utilement sur la cognition des élèves de manière à réguler et améliorer la didactique.

- Les difficultés rencontrées, d’après les stagiaires sont généralement les suivantes :

- Syntaxe : 1- Repérage du verbe 2- Relation sujet – verbe 3- Repérage COD – pronom personnel 4- Confusion Attribut / COD

- Orthographe grammaticale :

1- pluriel verbe / nom : chantes – chantent 2- homophones grammaticaux : est / et 3- homophones verbaux : er / ait / é 4- Accords orthographiques : nous allons mang/er / ai/ é 5- Double infinitif 6- Reconnaissance du genre des noms

- Grammaire de texte :

1- la ponctuation : quand mettre un point, une majuscule ? 2- la différenciation oral/écrit à l’écoute 3- la structuration du texte / la structure d’un récit (le schéma narratif) 4- les phrases réduites, peu riches (manque d’expansion dans les groupes sujets ou verbaux)

- Autres difficultés :

1- Problème de compréhension et mémorisation des termes grammaticaux 2- Concepts de nature / fonction grammaticale diificiles à faire assimiler, 3- Problème de réinvestissement en production écrite des règles grammaticales 4- Difficultés à corriger des erreurs, à faire observer aux élèves que la règle grammaticale comme moyen de mieux écrire pour mieux se faire comprendre.

- Organisation en 3 manières de l’apprentissage grammatical :

- d’abord la leçon de grammaire fondée sur l’observation, la manipulation, le classement et la formalisation. Construire la leçon de grammaire sur un mode de situation ouverte semble une posture pédagogique favorable dans le domaine de l’étude de la langue, où les niveaux de connaissances, les rapports à la langue, les compétences varient beaucoup d’un élève à l’autre. Une situation ouverte d’enseignement / apprentissage favorise la construction progressive de connaissances du côté des élèves ; et la prise d’indices pour l’enseignant sur la cognition des élèves. Cela permet d’appréhender les représentations des élèves, les pré-requis des élèves, leurs difficultés et handicaps pour apprendre de manière à réguler la situation didactique de classe. La situation ouverte s’oppose à la situation fermée : car il y a plusieurs réponses possibles de la part des élèves face à une question, face à un problème posé. Ces multiples réponses favorisent les confrontations et les débats entre les élèves. Une situation est fermée est une situation de contrôle de connaissances déclaratives, par ex. donner une date historique 1515 ou faire conjuguer un verbe au présent. En revanche demander en littérature un avis sur le comportement d’un personnage est une situation ouverte à plusieurs réponses à débattre en classe. L’avantage essentiel de la situation ouverte est de s’informer sur les représentations des élèves sur un sujet donné pour d’autant mieux faire évoluer ou transformer ces représentations. Parfois, cela offre l’opportunité de recevoir des informations sur les enfants auxquelles on a pas pensé : par ex. devant tel problème un enfant se situe sur un registre affectif. Lequel n’est pas le registre attendu pour que l’élève soit en capacité d’interroger l’objet scolaire à apprendre, soit en capacité de penser l’objet scolaire enseigné. Il convient que l’élève se situe à un niveau de la tâche et à un niveau de sa signification afin que se développe la secondarisation attendue, déjà évoquée.

- d’autre part des activités systématiques (ou de systématisation comme les exercices d’entraînement) ; des manuels scolaires, des livrets d’exercices sont des supports à de telles activités,

- et enfin des activités ritualisées, qui visent à construire des attitudes intellectuelles de questionnement, de mise en pratique des savoirs acquis, de transfert dans des situations nouvelles. Ces brefs rituels grammaticaux permettent d’éprouver le plaisir de jouer avec la langue. Ils facilitent l’automatisation des procédures, la mémorisation des régularités, comme cela existe en « calcul mental » avec un protocole qui, depuis des décennies, fonctionne selon des modalités quasi identiques. Avec le procédé dit de La Martinière, il s’agit de proposer des questions mathématiques à résoudre, brièvement et régulièrement. Une même procédure nous semble envisageable en grammaire afin de mettre l’élève en « alerte » pour (re)mobiliser les compétences acquises tout en en suscitant de nouvelles, avec par exemple la sensibilisation des élèves à la compréhension de structures syntaxiques qui leur sont peu familières. A un rythme défini (un jour sur deux, plusieurs fois dans la semaine, une fois par semaine, selon le type de l’activité), il est proposé des situations langagières qui sont sensées activer des compétences déjà là et rapidement mobilisables mais aussi provoquer observations et débats. Sur l’ardoise, une phrase est recopiée du tableau ou écrite sous la dictée : les élèves doivent en observer le fonctionnement grâce à des manipulations avant d’expliciter l’identification d’éléments grammaticaux, en souligner leurs propriétés...

- Parmi les activités, il convient de distinguer :

- celles qui relèvent plutôt d’un travail bref et automatisé (défi conjugaison, anadiplose, questions-réponses, jeux sur les lettres présentes ou absentes, loto des homonymes/homophones…) ;

- celles qui s’inscrivent dans une démarche de situation problème (phrase hebdomadaire, reconstitution de texte, le texte à saturation, dictée argumentée, …) et nécessitent une organisation plus complexe (recherche individuelle, confrontation en groupes, restitution, débat, …).

- Voir la page sur les jeux de mots, jeux de langue... comme moyens pour mieux appréhender la langue, moyen pour mieux en comprendre son fonctionnement...

- Dernière suggestion d’activité grammaticale : "Les phrases-problèmes".

Elles permettent de sensibiliser les élèves à la compréhension de structures syntaxiques qui leur sont peu familières. Ce sont des phrases rencontrées lors de lectures ou proposées par l’enseignant.

- 1) Exemples en lecture : Écrire au tableau [AS]. Faire lire le mot. Prononciation ou non de la lettre « s » finale ? Phrase d’étude : L’as, tu l’as ? idem avec [EST] : Il est à l’est. avec « ient » : il revient / il est patient / ils se marient avec « vient » : il convient / ils convient avec « vent » : le couvent / elles couvent : Les poules de couvent couvent Ponctuation : Le maître, lui, enfonce son bonnet sur la tête.

- 2) Exemple en orthographe (homophonie) :

Phrases d’étude (à écrire sous la dictée) : Luc compte (conte ?) ses aventures tous les soirs. Il est temps de reprendre les rennes (reines ?). Quand Caen sera-t-il atteint ?

- Le loto des homonymes est une activité qui étayent l’orthographe grammaticale au cycle 3 :

Respectant le principe du Loto, les joueurs, en possession de cartons où apparaissent des phrases à trous (plusieurs phrases se rapportant aux graphies d’un homophone), attendent le tirage d’une étiquette. Le meneur de jeu tire au sort une graphie de l’homonyme. Les joueurs qui pensent pouvoir combler un trou grâce à l’étiquette écrivent sur leur carton. Le gagnant est celui qui a rempli le premier son carton, après vérification (outils à disposition pour la correction).

Sources pour les suggestions d’activités : Document de travail sur la grammaire (ORL), MEN, 2005.

P.-S.

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