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L ’éducation nouvelle, un nouveau monde à inventer...

dimanche 1er juillet 2007, par classedu

(...) Nous avons appris d’Henri Wallon à ne pas séparer pensée de l’acte. Ainsi, l’invention pédagogique commence avec la recherche de situations où les enfants (et les adultes en formation) auront à faire, d’abord. Qu’il s’agisse de la construction d’un concept mathématique, de l’écriture d’un poème ou de l’élaboration de stratégie, le travail de formulation et de formalisation n’a de sens que s’il s’enracine dans un faire opératoire où l’on a exploré les chemins, les impasses, contradictions - (celles de l’objet, celles du chercheur, et celles du groupe avec lequel il se confronte) Faire, donc, au départ (...) parce que c’est la condition fondamentale pour que tous les enfants réussissent. Et c’est toujours, dans ces moments d’activité vraie, que ceux qui sont mis en échec par la pratique courante - d’abord on explique, après on applique - se révèlent dans toute leur dimension de chercheurs. Et certains, assistant à ce phénomène, ont pu se demander « mais qu’est-ce que c’est que cette méthode qui réussit aux plus mauvais ? ». La nécessité - et l’exigence - de la formulation vient après, portée par le maître ou l’animateur, portée aussi par le groupe qui hésite et résiste : c’est le moment du « tous capables » jusqu’au bout, la négation de la notion de dons - les conceptuels et les non-conceptuels, ça n’existe pas ! -, la négation aussi d’un quelconque handicap socio-culturel qui laisserait à ses victimes le bricolage et le tâtonnement dans l’approximatif, mais les priverait à jamais de ce « faire » élaboré conceptualisation. Pour celui qui se lance dans de telles pratiques, la théorie est féconde, qui le contraint d’inventer des situations et de donner des objectifs précis : mais rien n’est joué d’avance, chaque événement, chaque incident de parcours pendant la classe sera le matériau indispensable pour le réajustement permanent, pour l’analyse immédiate et pour le retour distancié sur ce qui s’est passé (...). ce qu’on veut enclencher, c’est un processus de transformation des mentalités, et sans transformation du regard porté sur les enfants, sur les jeunes et sur le monde, il n’y a pas de vraie transformation : ce qui fait des stages, lieux de vécus et de conflits, l’outil privilégié du mouvement d’Éducation nouvelle. La « réunion » où l’on discute, chacun restant sur le rail de son propre discours, ne transforme rien : elle fige. L’Éducation nouvelle, pour le militant qui décide qu’il lui faut aussi écrire, pour interpeller les autres - et pour lui-même aller plus loin - c’est aussi forcément une autre pratique de l’écriture. Et quand on a pour ambition que son lecteur veuille oser sa transformation, le discours de la compilation, celui du savoir engrangé, à l’abri des voleurs et des curieux, dans des silos de mots refroidis, serait le plus sûr moyen d’empêcher ce mouvement du lecteur. C’est dans son expérience à la fois de l’écriture poétique et de la parole ntilitante que Henri Bassis a forgé l’efficacité de son écriture sur l’Éducation - dans le va-et-vient permanent de l’écrivain au lecteur, des événements vécus comme militant, comme individu, à la pratique opératoire de la théorie, il nous propose un parcours dans tout ce qui fait l’originalité et l’efficacité du Groupe français d’Éducation nouvelle. C’est dans son expérience à la fois de l’écriture poétique et de la parole militante que Henri Bassis a forgé l’efficacité de son écriture sur l’éducation, dans le va-et-vient permanent de l’écrivain au lecteur, des évènements vécus comme militant, comme individu, à la pratique opératoire de la théorie (...)

P.-S.

Extrait de la préface de Dominique Grandière du livre d’Henri Bassis "Je cherche donc j’apprends" Editions Messidor/Editions sociales , 1984.

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